vendredi 12 janvier 2018

Événement: les libraires de La Librairie générale ont besoin de vous!

Participez à l’événement des "Pépites en stock"!



Chers lecteurs, grâce à vous nous parlons de nos coups de cœur, nous vous conseillons le meilleur livre selon votre humeur, vos envies du moment, vos auteurs préférés... Mais durant ces conseils il vous arrive de nous faire part également de vos propres coups de cœur.
Grâce à l’événement Pépites en stock, organisé par le réseau des Librairies indépendantes en Nouvelle Aquitaine, nous vous lançons un appel: choisissez votre dernier coup de cœur, et venez nous en parler à la librairie! Votre ouvrage sera exposé en vitrine la semaine du 26 février au 4 Mars 2018.
C'est l'occasion pour nous de valoriser vos choix de lecteurs, vos pépites que vous offrez chaque année à Noël, ou encore votre dernière découverte de la rentrée littéraire.
Le livre sera exposé en vitrine avec votre prénom, et si vous avez envie d' aller plus loin et vous mettre dans la peau d'un libraire, vous pouvez même écrire quelques lignes sur le livre que vous aurez choisi.
Vous pouvez nous adresser votre choix jusqu'au samedi 10 février directement en librairie, ou par mail à l'adresse arcalib@wanadoo.fr.


La belle n'a pas sommeil d'Eric HOLDER

La belle n'a pas sommeil d'Eric HOLDER aux éditions Seuil, 18 euros.

Pour aller à la bouquinerie d'Antoine? Prenez cette route, tournez la première à droite, puis prenez la troisième à gauche, ensuite c'est tout droit...euh non, tournez encore à gauche... bon, vous savez quoi? Je vous emmène.
Si je connais Antoine? Oui, un peu... Il m'a beaucoup émue. C'est un homme cultivé, drôle, intelligent. Ce que j'aime chez lui, c'est que les quatre murs de sa bouquinerie ne l'empêchent pas d'apprécier ce qui se passe au dehors. Il vit au rythme des saisons, la nature et les paysages médocains l'inspirent et l'amènent à une réflexion singulière sur les hommes (malgré le peu de clients qui viennent jusqu'à lui!). Mais lisez plutôt:


 

 

 " Des millions et des millions nous sommes à nous croire solitaires, en retrait, marginaux – à craindre au même moment le manque de chauffage l'hiver prochain, à songer au pot de géranium qu'il convient de rentrer...

Des millions à bouger le moins possible, à nous taire, afin de ne pas déranger le feuilleton de nos microfictions, en ne réclamant qu'une seule chose : la paix, la paix épaisse, confortable, soporifique. Les meilleurs jours, je me persuade que ce sont notre nombre, notre poids, notre silence qui pèsent sur la terre, freinant sa vitesse, la retenant par les cheveux, l'empêchant de tourner follement."


Un jour, on lui a volé un de ses livres, un livre de Frédéric Berthet. Quelques jours plus tard, un autre livre est volé, du même auteur. Ce n'est qu'un avant goût des soubresauts qu'il va vivre: il rencontre alors Lorraine, jeune conteuse professionnelle, venue s'installer dans la maison d'en face pour s'occuper de sa mère. Entre les deux naît un amour instantané, qu'Antoine malgré sa maturité va vivre avec ardeur.
Mais quel est le lien entre ces livres volés, et cet amour naissant? Tout ce que je peux vous dire, c'est que cette relation va faire jaser les habitants du village. Mais laissons les parler, Antoine a d'excellentes raisons de trouver chez Lorraine un vent de fraîcheur qui panse ses vieilles blessures.

Le nouveau roman d'Eric Holder est une vraie réussite, il entre au cœur de l'intimité d'un homme que l'on a envie d'apprécier davantage au fil des pages, sans toutefois jamais tromper sa pudeur qui est trop belle pour se l'approprier. Cet amoureux des livres saura autant vous charmer que nous, libraires!

Les uns , les autres : Patrick BESSON

Les uns , les autres de Nathalie AZOULAI, Patrick BESSON, Arnaud CATHRINE, Emmanuelle DELACOMPTEE; Jean-Michel DELACOMPTEE, Jean-Paul ENTHOVEN, Yves HARTE, Cécile LADJALI, Franck MAUBERT, Céline MINARD, Eric NAULLEAU, Martin PAGE aux éditions Robert LAFFONT 17 euros.

Ce livre dont les bénéfices iront au Secours populaire français est le fruit d’une collaboration entre l’Hôtel Ville d’Hiver, La Librairie Générale et les éditions Robert Laffont. 

Le principe que nous avions initié avec les éditions bordelaises Bijoux de Famille s’est affermi cette année avec la participation des éditions Robert Laffont. Les douze auteurs invités à séjourner en résidence à l’Hôtel Ville d’Hiver ont chacun accepté de rédiger une histoire qui mettrait en scène une personnalité artistique, certes disparue mais dont l’œuvre continue d’inspirer et invite, si besoin était, à ajuster notre culture. 

Chaque semaine, nous vous proposons un morceau choisi des douze nouvelles censé rendre hommage au talent des auteurs qui ont su admirablement répondre au jeu auquel on les conviait.

Cette semaine : Patrick BESSON


Joseph Roth à Paris  

J’entre dans le café : il y a une belle femme brune derrière le comptoir. C’est la patronne, Mme Alazard. J’ai lu sa fiche à l’Abwehr. Elle ne couche pas avec Roth mais elle le met souvent au lit. Elle lui sert une vingtaine de pernods par jour. C’est elle, son assassin. Comme le dit souvent Grudel : « l’apéro nous aidera beaucoup dans la conquête de la France. C’est notre arme secrète. En boxe, le coup au foie n’est-il pas décisif ? »
Il est assis à gauche de l’entrée, sur la banquette. Par la fenêtre, il voit sa chambre éventrée. Une pile de soucoupes à côté de son verre vide : tous ceux qu’il a vidé avant celui-là. Il est tassé sur lui-même comme une pile de vieux livres. Ses livres, il m’a fallu les lire avant de prendre mon train pour Paris. Ils m’ont été fournis par l’Abwehr car on ne les trouve plus en librairie. Von Grudel m’a dit : « C’est du sous-Dostoïevski, ou plutôt du Dostoïevski soûl. » C’est ça que j’aime chez le colonel, en dehors de ses moustaches à la Bismark qui me rappellent mon grand-père : son sens de la formule qui détend l’atmosphère nazie.
« Herr Roth ? »
Il tourne vers moi ses gros yeux bleus plein de larmes. Qu’y a-t-il en effet de plus triste que de voir, un jour de novembre, son logement parisien en train d’être démoli ?
« J’arrive tout juste de Berlin : j’ai fui le nazisme
- Pourquoi ne l’avoir pas fui le 30 janvier 1933 comme moi ?
- J’avais seize ans.
- Asseyez-vous. Vous êtes majeur ? 
- A l’évidence, non.
- Germaine, un pernod pour le mineur allemand antinazi. Et un autre pour moi, cela va sans dire. »
Il parle français, moi aussi : ma mère est alsacienne. Elle a quitté l’Alsace en 1919 quand le département est redevenu français : elle préférait les allemands. Du reste, elle en avait épousé un : papa.
« Vous êtes juif ? me demande encore Roth.
- Oui.

- Prouvez-le.

Le chat du rabbin 7. La tour de Bab-el-oued de Joann SFAR

Le chat du rabbin 7. La tour de Bab-el-oued de Joann SFAR aux éditions Dargaud, 14,99 euros.

De son dessin tremblant ou tremblotant (comme on veut), on trouve chez Le chat du rabbin une mixture  chatoyante, un voyage prolifique dans un temps distendu situé dans une Algérie ensoleillée et propice à l’émerveillement. 

C’est ainsi que Joann Sfar n’ordonne surtout pas son histoire. Le déséquilibre y est constant, une histoire en entraîne une autre. Un personnage entre puis sort. Le débat s'éternise. Joann Sfar et son chat doué de parole sont aux prises avec l’univers ou plutôt l’universel. Bien sûr être chat du rabbin implique une présence religieuse qui déborde de toutes parts au point  que synagogue et mosquée d'Alger sont inondées par des eaux souterraines… 

Le questionnement insatiable qui surgit chez chaque personnage ressemble au questionnement intérieur de l’auteur sur l’origine de l’humanité et l'aspect irréconciliable de ses religions.
Cependant le propos alterne et mélange à tout va les grands principes de la religion juive, musulmane et catholique. Une fuite en avant qui sert de fil conducteur à cette histoire fougueusement débridée que Joann Sfar  restreint à son propre champ d’investigation : La paix. 

Mais force est de constater que l'on y voit goutte. La confusion qui émane de ces inondations impromptues oblige à s’exiler chez autrui pour continuer de prier et cela résonne fort à propos dans nos têtes au moment où le flux migratoire et le décalage entre les actes et les paroles parsèment une situation déjà fort complexe. 

Le verbiage des autorités religieuses en prend pour son grade mais n’est pas pour non plus dûment condamné. Sfar se repaît d’histoires et de légendes qu’il truque à loisir. Il y a beaucoup de blagues au final et de source d’amusement. Le chat qui parle ne semble au demeurant pas vraiment inquiet de la situation cacophonique qui plonge l’humanité (celle qui prie) dans un imbroglio surgit de la nuit des temps. Tout va très mal et depuis très longtemps mais l’homme est toujours là avec son flot de paroles et d’histoires, juives évidemment.



Verte Forêt d'Eric BATTUT

 Verte Forêt d'Eric BATTUT aux éditions Elan vert, 13,50 euros.

Deux aventuriers osent braver la forêt amazonienne pour trouver un trésor caché. Et quel trésor! Un petit animal que les plus petits découvriront après avoir suivi le périple des deux compères.

En quelques pages, Eric Battut nous montre qu'à partir d'un simple dessin, des éléments inattendus peuvent s'ajouter : au départ de leur voyage, les explorateurs partent de la grande ville dont les buildings sont fait à partir de coupure de journaux et de livres; des arbres nous cachent une partie du fleuve, un serpent que l'on avait pas vu d'abord, a été ajouté sur un de ces arbres. Les collages de chaque page inciteront les petits curieux à bien observer chaque détail, pour découvrir, en même temps que les personnages, le fameux trésor!



On connait Eric Battut pour ses dessins épurés qui ont l'air d'être "en cours de fabrication". Dans cet album - qui fait écho à Rouge Volcan chez le même éditeur- que l'on peut lire aux plus petits (à partir de 2 ans), les collages à partir de matière naturelle (papier, tissu) sont là pour mettre à l'honneur les dangers de la déforestation amazonienne, de façon simple et ludique.

vendredi 5 janvier 2018

Les uns , les autres aux éditions Robert LAFFONT.

Les uns , les autres de Nathalie AZOULAI, Patrick BESSON, Arnaud CATHRINE, Emmanuelle DELACOMPTEE; Jean-Michel DELACOMPTEE, Jean-Paul ENTHOVEN, Yves HARTE, Cécile LADJALI, Franck MAUBERT, Céline MINARD, Eric NAULLEAU, Martin PAGE aux éditions Robert LAFFONT, 17 euros.

Ce livre dont les bénéfices iront au Secours populaire français est le fruit d’une collaboration entre l’Hôtel Ville d’Hiver, La Librairie Générale et les éditions Robert Laffont. 

Le principe que nous avions initié avec les éditions bordelaises Bijoux de Famille s’est affermi cette année avec la participation des éditions Robert Laffont. Les douze auteurs invités à séjourner en résidence à l’Hôtel Ville d’Hiver ont chacun accepté de rédiger une histoire qui mettrait en scène une personnalité artistique, certes disparue mais dont l’œuvre continue d’inspirer et invite, si besoin était, à ajuster notre culture. 
Chaque semaine, nous vous proposons un morceau choisi des douze nouvelles censé rendre hommage au talent des auteurs qui ont su admirablement répondre au jeu auquel on les conviait.
Cette semaine : Nathalie AZOULAI


Albert Marquet au Pyla

"Vermeer avait vingt-neuf ans quand il a peint sa ville natale. Lui en a presque le double. Il ne dit rien à personne et retourne à Arcachon. Il loue les services d’un pêcheur à qui, plusieurs jours d’affilée, il demande d’ancrer son bateau entre les deux rives pour peintre la dune pendant de longues heures. Sous le soleil, dans la grisaille, de toutes les façons possibles, il traque ses nuances, capte ses reflets, les entoure différemment, tantôt insiste sur le vert profond des forêts tout autour, tantôt sur le bleu de la mer devant. Sur l’aplat jaune, il incline son pinceau comme un faisceau de lumière, plus ou moins vif, plus ou moins blanc. Il demande même au pêcheur de faire la sortie de nuit qu’avec sa mère ils n’ont jamais faite. Devant tant d’obstination, le pêcheur conclut que peindre et pêcher se ressemblent, que, dans les deux cas, c’est une question de vie ou de mort. Sur la toile, la dune apparaît, plus laiteuse qu’en plein jour, tel un grand cachalot, échoué sous la lune.  A tous ses tableaux, il donne le même titre, Dune, ne les distingue que par des numéros, Dune I, Dune II… Plus il peint la dune, plus il est seul à la reconnaître. Dans son dos, le pêcheur fronce le nez, songe que les artistes voient de drôles de choses, qu’au début, c’était ressemblant mais qu’avec les jours, c’est devenu un tas de matière, tantôt du blanc d’œuf, tantôt du jaune ou de l’or, que ce peintre calme est tout de même dérangé, un enfant du pays qui a mal tourné , ce Marquet."
BUG Livre 1 d’Enki BILAL aux éditions Casterman, 18 euros.

Bilal revient, plus inquiet encore. 
Son univers, sa vision que transcende un dessin reconnaissable d’entre mille, est servi cette fois par un troublant cataclysme où l’Internet aurait complètement disparu de la planète. 
Spectacle, donc, en mondovision où les capitales jouent leur partition géopolitique sur le mode d’urgence extrême. 
Cependant, un homme en mission sur Mars - nous sommes autour de 2050 - s’avère être le seul survivant de son équipage mais il est nanti d’une inquiétante tâche bleue sur le visage. Il détient également des facultés qui lui valent d’être un homme qui soudainement est devenu très attendu sur terre.
La grisaille du dessin et du scénario de Bilal n’empêche pas d’apprécier la précision du trait surtout lorsqu’il s’agit de montrer le futur de quelques villes telles que Paris, Londres, Istanbul ou New York. 
Autant polar que SF, la vision d’un monde privé de connexion est très riche. Une réflexion sur notre société où les curseurs technologiques et numériques sont astucieusement poussés vers des extrêmes qui nous font sentir le vent palpable d’une catastrophe humaine. 
Ludique d’un certain point de vue, cette vision est dotée d’un réel entrain fictionnel, une curiosité qui incite à jouer au jeu proposé par Bilal. 

L’intrusion sentimentale n’est pas le point fort de BUG, en revanche les multiples visages  piochés dans la diversité planétaire sont réjouissants, ils garantissent un réalisme stupéfiant à l’histoire qui nous est contée.  



Les trois petits casse-pieds

Les trois petits casse-pieds de Jean Leroy et Matthieu Maudet, éditions Ecole des Loisirs, 12.20 euros:

Voilà qu'un après-midi où Papy était bien tranquille à faire sa sieste dans son canapé, trois petits casse-pieds viennent le déloger pour regarder la télé. Hors de question que cela se passe comme ça! Les dessins animés?! Il y a bien mieux à faire pour Papy comme raconter une histoire! Alors oui, mais laquelle? Le petit Chaperon rouge? Les trois petits cochons? Non déjà connues... Mais Papy n'a pas dit son dernier mot: voici l'histoire de trois petits casse-pieds qui partent dans la forêt avec leur papy.... La forêt, mais pourquoi la forêt, l'espace serait mieux, dit l'un de nos petits casse-pieds. Mais bien sûr et c'est justement là où ils vont grâce à la fusée trouvée dans la forêt. Mais l'espace sans monstre intergalactique à combattre ne serait pas digne d'une belle histoire. Alors va pour le monstre aux 100 bras à découper en rondelles grâce aux sabres lasers!
Monstre vaincu, fin de la belle histoire, alors retour aux dessins animés?! Non parce qu'il y a toujours bien mieux que les dessins animés: un bon goûter à partager!

Une belle histoire pleine d'humour où plus d'un se reconnaîtra à coup sûr!

samedi 30 décembre 2017

Ouverture Dimanche 31 Décembre


Les vingt-quatre portes du jour et de la nuit de Christophe PRADEAU

Les vingt-quatre portes du jour et de la nuit de Christophe PRADEAU aux éditions Verdier, 14,50 euros.


A l’évidence la prose de Christophe Pradeau sort du lot. Qui n’aurait jamais entendu prononcer jusqu’ici le nom de cet auteur remerciera les éditions Verdier d’avoir publié son premier roman  La grande Sauvagerie en 2010 avant que ne paraisse aujourd’hui Les vingt-quatre portes du jour et de la nuit, troisième publication de cet écrivain originaire du Limousin.
Christophe Pradeau, devenu parisien de longue date, inscrit pourtant dans son livre, et en lettres capitales, le village de Saint-Léonard-de-Noblat en Haute-Vienne que La Grande Sauvagerie avait déjà révélé comme une attraction magnétique pour l'auteur. 

Cette fois, celui-ci ajoute en sus la ville de Paris et l’un de ses quartiers, les Gobelins, plus précisément le square René Le Gall . C’est ici que le narrateur éprouve, après un retour de New-York, une somnolence qui le cloue sur un banc public. Quelques voyages temporels agitent aussi ses pensées tel un lent cheminement qui rassemblent des souvenirs  articulés autour des Vingt-quatre portes du jour et de la nuit, œuvre d'art qui instruisait les habitants de Constantinople de l’heure byzantine qui les gouvernait.
L’apparition, à son réveil, d’un livre qu’il ne pouvait avoir emporté, signifie au narrateur qu’une personne s’est approchée de lui et lui a remis l'ouvrage en signe de reconnaissance. Celle qu’il affublait avec sa femme du nom de Duchesse, parce qu’ils l’avaient remarquée depuis quelques temps comme une personnalité remarquable du quartier des Gobelins, se tient à quelques mètres de lui puis vient lui tenir un discours qui l'emporte à nouveau dans le village de Saint-Léonard-de-Noblat là où s'entretenait la tradition des quarts d’écu, une pâtisserie ancestrale quasiment disparue. 
C’est là le plus beau du roman, la conversation entre deux êtres tenus par les même souvenirs, la même enfance. 

Les vingt-quatre portes du jour et de la nuit s’étire alors en un conte mystérieux, Christophe Pradeau  pratique une phrase longue qui s'apparente avec évidence au style proustien. Quelques flamboyances indiscutables procurent un plaisir de lecture plutôt rare quand les phrases les plus courtes l’emportent le plus souvent dans la production actuelle.