samedi 20 août 2016

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Comment tu parles de ton père de Joann SFAR

Comment tu parles de ton père de Joann SFAR aux éditions Albin Michel, 15 euros.

Joann Sfar est sorti de l’univers de la bande dessinée où il s’est fait un nom. Sfar, pour beaucoup, est l’auteur du Chat du rabbin, ce conte magique d’un chat amoureux éperdu de sa maîtresse. 
Les origines niçoises de Joann Sfar comptent beaucoup depuis que son nom résonne régulièrement dans la  presse. Devenu un touche-à-tout, romancier, cinéaste, biographe, le voici aujourd’hui délivrant un hommage au père, ce dernier étant décédé quelques temps avant la rédaction de ce livre.

La prose de Joann Sfar ne s’embarrasse d’aucune règle, les phrases viennent selon le bon vouloir des humeurs de l’auteur qui semble traverser une période agitée de sa vie. Un miscellanée non ordonné dévoile Joann Sfar avec sincérité car on l’est toujours un peu plus lorsqu’on est triste et démuni à la mort d’un parent que l’on a aimé et même, dans le cas présent, admiré. 

Le père de Joann Sfar s’appelait André Sfar, il était avocat sur la côte d’Azur. Un self-made-man issu de Sétif en Algérie qui épousa une femme venue d’Ukraine et promise à une belle carrière de chanteuse si elle n’était pas morte trois ans après la naissance de Joann. André Sfar éduqua ce fils unique avec le poids du chagrin et celui de la colère (de ne pas avoir été déporté pendant la deuxième guerre mondiale). Il se battit beaucoup nous dit Joann Sfar, personne ne pouvait lutter contre lui, cette colère sourde lui faisait gagner tous ses combats…

Mais Joann Sfar ne raconte pas vraiment la vie de son père, celle-ci apparait d'une manière  fantomatique, tantôt agonisante sur un lit d’hôpital, tantôt entourée des plus belles femmes de la côte d’Azur. 
Ce personnage haut en couleur est une montagne que Joann Sfar s’est échiné à escalader en empruntant toutes les voies possibles qui pourraient atteindre son sommet. Religion, sexe, politique, amour, les souvenirs s’éparpillent, Joan Sfar cherche la sortie du labyrinthe dans lequel son âme végète et que l’écriture est en mesure de circonscrire. Brillant, impertinent, fougueux, rageur, Joan Sfar est impressionnant dans l’étendue de son registre narratif qui puise son inspiration dans la tradition juive, celle qui éternise les débats, contredit, soupèse, alterne le rire avec les larmes, titille l’intelligence et la réflexion par son pouvoir infini de questionnement. 

Écrit en deux temps, Comment tu parles de ton père a nécessité une coupure qui s’est acheminée vers une belle et passionnante conclusion. Joann Sfar a toujours cherché un autre père, il n’en a trouvé aucun autre, ils étaient toujours moins forts. Cependant, il y a une discipline pour laquelle André Sfar lui a laissé le champ libre, il s’agit du dessin. Merci papa!



Gaudi

Gaudí : le génie et son art, par David Hawcock, chez Nuinui, 24,90€

Profitons de ces fins de vacances pour voyager encore un peu : direction Barcelone. Qui dit Barcelone, dit forcément Gaudí. Cet artiste catalan de renom né en 1852 n'a cessé de surprendre avec ses différentes œuvres. Si la Sagrada Familia reste sa plus grande œuvre, il est aussi intéressant de regarder ses autres constructions.
Au travers de ce documentaire, se dévoilent la Casa Batlló et sa façade ondulée, le Parc Güell et ses nombreuses mosaïques, l'imposante Casa Milá, sans oublier la Sagrada familia, tant dans une approche extérieure qu'intérieure. 
En plus de livrer aux jeunes lecteurs leur histoire et leurs secrets, ces monuments sont proposés en 3D grâce à des pop-up très réalistes. 

Un documentaire parfait pour voyager dans l'art de Gaudí, de manière simple et synthétique.

lundi 15 août 2016

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Vincent qu'on assassine

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE :Vincent qu’on assassine de Marianne JAEGLE aux éditions de l’Arpenteur, 16 euros.

Vincent Van Gogh dont chacun sait la maudite vie qu’il vécut,  commence par ressusciter le temps de quelques trois cent pages écrites avec conviction par Marianne Jaeglé.  Cette agrégée de lettres modernes s’est imprégnée, via la correspondance du peintre, du mal-être chronique du génie hollandais au moment où celui-ci s’apprête à accueillir Paul Gauguin dans sa maison jaune en Provence. 

Van Gogh se fait une joie d’ébaucher une entente cordiale avec un peintre qu’il admire. Il est parvenu à le soustraire de Pont-Aven où Gauguin avec Emile Bernard (et d’autres) ont créé un élan artistique pour une nouvelle peinture. Seulement Van Gogh n’aurait jamais eu droit à l’honneur de cette présence si son frère Théo n’allouait pas à Gauguin une pension mensuelle de cent cinquante francs. Gauguin et Van Gogh cohabiteront quelques temps jusqu’au soir terrible et confus de l’oreille coupée. Vincent Van Gogh maladroit en tout sauf en peinture entame alors un  chemin de croix qui durera deux ans. Arles, Saint Rémy, Auvers sur Oise sont les trois stations qui lui restent avant que ne survienne le coup de feu qui décidera de sa mort.

Ce Vincent Van Gogh nous touche dans le dédale artistique où il se débat. Il ne semble pas plus sûr de son art que de ses relations amicales qui semblent toujours finir en « eau de boudin » comme l’avait prédit son oncle Cent. Mais la malédiction du peintre a peut-être débuté par la mort prématurée d’un frère nommé Vincent, un an avant sa propre naissance. Le souvenir de la tombe de ce frère devant laquelle ses parents et lui-même venaient se recueillir provoqua l’étrange impression de voir son propre nom gravé sur une tombe.

L’entreprise de Marianne Jaeglé de rendre vie à Vincent Van Gogh est pleinement réussie. Les atermoiements de Gauguin, le soutien inconditionnel de Théo participent à la reconstitution fatidique qui nous emmène sur le lieu du crime tel que l’atteste Marianne Jaeglé dans sa version romancée. Vincent qu’on assassine, outre la contestation du suicide de Van Gogh, est une admirable compréhension de l’œuvre du peintre et du contexte dans lequel celle-ci est advenue sans toutefois rencontrer le succès qu’elle méritait. 

La considérable voire l’incompréhensible spéculation contemporaine qui touche tout ce que Van Gogh a produit ajoute à cette lecture une émotion infinie et une interrogation sur l’art vu sous un de ses plus mauvais jour.



samedi 13 août 2016

L'amour au delà de toute convenance

Les amants du génome, par Johan Heliot, chez Syros, 16,95€

Dans un monde futur où l'Union Européenne s'est vue remplacée par Europolis, où la pollution est un fléau quotidien, des mécènes ont crée une ville dans Paris : l'Enclave. Cet espace, contrôlé et entièrement géré par la fondation Carmin, a pour vocation de réunir les plus grands scientifiques de la région afin d'améliorer les conditions de vie des citoyens. Leur plus grand projet : la Vie Augmentée, un sérum qui permettrait de vivre plus longtemps en stimulant les capacités physiques et intellectuelles. Chaque année, en fin de Terminale, les élèves qui obtiennent plus de 95% de réussite à l'épreuve de la Sélection ont le droit d'entrer dans cette ville parfaite où l'air est pur et où nul ne manque de rien.
Quand arrive leur tour, Orfée et Irdiss viennent de se rencontrer et tombent follement amoureux. Seulement, contre toute attente, Irdiss, la petite fille brillante, privilégiée, de bonne famille, échoue, là où Orfée et Yaelle, tous deux issus des milieux défavorisés, réussissent.
Si face à son échec la jeune fille se reconstruit très vite en s'imaginant un nouvel avenir, il n'en va pas de même pour son père. Au lieu de l'aider, ses tentatives de corruption ne feront qu'empirer la situation.
Comment les jeunes amoureux pourront-ils continuer à se voir malgré un sort qui s'acharne chaque fois un peu plus ? De péripéties en péripéties, tous deux vont braver règles et convenances pour se retrouver. Au fil des chapitres, les deux adolescents prennent alternativement la parole, exposant chacun leur tour non pas seulement leurs sentiments, mais surtout leurs points de vue respectifs sur la société dans laquelle ils vivent, sur les expériences de la fondation Carmin et leurs impacts sur les citoyens. Une double vision qui rend compte d'une population nettement divisée en deux camps : les Augmentés, c'est-à-dire les citoyens ayant eu le droit d'intégrer l'Enclave, les privilégiés, et les Naturels, autrement dit les autres citoyens qui tentent de survivre dans une capitale devenue hostile.
Un roman de science-fiction
 où les plus favorisés ne s'en sortiront pas indemnes.

samedi 6 août 2016

Camion qui livre



Si le Camion qui livre des éditions du Livre de Poche est désormais descendu sur la côte méditerranéenne, voici un autre coup de coeur que nous pouvons vous présenter grâce à lui!

Les dédicaces de la semaine

 Cette semaine la librairie sera heureuse d'accueillir des auteurs pour petits et grands!

MARDI 9 AOUT 
de 10h30 à 13h00
GERONIMO STILTON
détective aux grandes oreilles désormais bien connu des plus jeunes à partir de 7/8 ans
Il viendra pour la collection de ses enquêtes fromagères
parues aux éditions Albin Michel Jeunesse.
N'oubliez pas vos appareils photos pour immortaliser cette rencontre inoubliable!


MERCREDI 10 AOUT
JEANNE FAIVRE D'ARCIER
 pour ses romans policiers qui emmèneront tous les enfants de 10/11 ans et plus 
dans les aventures les plus prenantes sur le Bassin d'Arcachon!
(livres parus aux éditions Syros)




VENDREDI 12 AOUT
JEAN-LOUIS DEBRE
à 17h00
au café Le Petit Louvre
(Place Lucien de Gracia, face à la mairie)
Il vous contera, en toute convivialité autour d'un café qui vous sera offert par la librairie,
 les moments forts de sa présidence du Conseil Constitutionnel!

Ce que je ne pouvais pas dire, éditions Robert Laffont 

SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Être ici est une splendeur de Marie DARRIEUSSECQ

Être ici est une splendeur de Marie DARRIEUSSECQ aux éditions POL, 15 euros

Un point crucial hante ce livre, il se situe au moment de la naissance qui jouxte parfois celui de la mort. Les femmes y jouent toujours les premiers rôles. 

Être ici est une splendeur propose un émouvant portrait de Paula Modersohn-Becker  qui se clôt sur le tragique évènement d’une mère disparaissant quelques jours après la naissance de son enfant. Au contraire de bien des biographes, Marie Darrieussecq insère des notes très personnelles dans son récit qui troublent de ce fait l’enjeu du livre : 

« Et je sais que je parle pour un autre mort, mais il viendra, les morts reviennent, j’écrirai sa courte vie, c’était mon frère et il s’appelait Jean, il a vécu deux jours, mais il n’est pas encore temps. »

Paula Modersohn-Becker fut une artiste peintre contemporaine de Monet, Gauguin, Cézanne... elle mourut à l’âge de trente-et-un ans en 1907. 
Ses voyages à Paris n’eurent pour seul but que la peinture, voir des expositions, visiter des galeries.
Paula vivait à Worpswede, petite ville du nord de l’Allemagne près de Brême, elle fut mariée à Otto Modersohn, lui-même peintre. Leur correspondance démontre jusqu’où l’âme artiste de Paula la poussa. Rompre avec son mari et refuser de lui faire un enfant. Mais ce mariage demeura complexe jusqu’à la fin.

A propos de Rainer Maria Rilke qui fut un indéfectible ami, Marie Darrieussecq laisse planer un  mystère quant à la nature véritable de sa relation avec Paula, lui qui épousa sa meilleure amie Clara. Jusqu’à la mort prématurée de Paula, il entretint avec elle une correspondance d’artiste à artiste et si Rilke ne l’a jamais nommée dans ses écrits, il lui écrira Requiem pour une amie qui lui est sans conteste destiné :

« C’est ainsi que tu mourus comme mourraient les femmes d’autrefois, tu mourus d’une mort démodée dans la chaude maison, de la mort des femmes en couches qui veulent se refermer et ne le peuvent plus, parce que cette obscurité dont elles ont accouché avec l’enfant revient, et rentre en elles. »

Worpswede constitua une école de peinture comme put l’être Barbizon ou Pont-Aven en France. Paula Modersohn-Becker fut la première femme à réaliser un autoportrait nu et fut également la première à se peindre enceinte.

Le 2 mai 1927, un musée consacré à Paula Modersohn-Becker ouvrit ses portes à Brême sous le nom de : "Maison Paula Modersohn-Becker".


Les petites filles du monde

Louna et les étoiles magiques, par Nadja et Julie Calmel, chez Play Bac, 5,95€


Dans la famille Mini Miki, je demande Louna ! 
Louna est une petite fille vivant dans un village au Maroc. Un beau jour, alors qu'elle part rattraper un agneau égaré, elle rencontre Omar, un garçon du peuple nomade qui vient de s'installer non loin de chez elle. 
Une fête est très vite organisée, et pour bien faire, il faut apporter des cadeaux. Notre fillette décide alors de confectionner un collier à son nouvel ami, un collier avec les pierres du fleuve. Tout le monde en rit, mais ce cadeau pourra sauver la vie à son jeune propriétaire... 

Retrouvez, dans la même collection, les aventures de multiples héroïnes venues des quatre coins du monde : Victoria (Australie), Léna (Russie), Inès (Espagne), Isabela (Brésil)... 
Une collection idéale pour les premières lectures.

samedi 30 juillet 2016

Les dédicaces de la semaine

Cette semaine nous aurons le plaisir d'accueillir 

MERCREDI  3 AOUT
de 11h00 à 13h00
Guy RECHENMANN 
pour son dernier roman policier paru aux éditions Vents Salés
A la place de l'autre 

 

"Un jour de septembre, 6h45. La pointe du Cap-Ferret est déserte. Les touristes ont décampé et les rares sédentaires ne se risquent pas si tôt à un océan d'humeur changeante. Alors que fait là cette silhouette immobile perdue au milieu des blockhaus? Qu'attend-elle, cette jeune femme?
Cela m'interpelle, moi, Anselme Viloc, le "flic de papier". En règle générale je fuis les enquêtes ordinaires, j'ai le don de dénicher le grain de sable qui grippe les belles mécaniques assassines. Je ne lâche aucune affaire!
La guerre et les bâtisseurs du mur de l'Atlantique, un enfant et un chat, autant d'indices à prendre en compte.
De Bouliac à la Chalosse, d'Arcachon à Andernos, Marie, Clémence, Marina... trois générations d'une même famille. Noyées dans la folie..."

SAMEDI 6 AOUT
 Jean-Pierre CASTELAIN
pour son dernier roman paru aux éditions Amalthée
Friture sur la Petite Mer 
qui est la suite de La Pinasse Mauve
"Alors que la pinasse mauve, plus vaillante que jamais, continue de sillonner la Petite Mer, le monde ostréicole est en proie au doute. Une doute communicatif qui, hélas, déboussole nombre de ses acteurs. L'huître, trop souvent jugée malade - et de façon arbitraire - deviendrait-elle contagieuse? Les corps et les esprits semblent touchés à leur tour. Les familles de La Pinasse Mauve n'échappent pas à ces transformations: maladies, révoltes, exubérances, colères, traumatismes et introspections... Des tempêtes dans les cerveaux aussi fortes que celles subies sur le Bassin d'Arcachon: Martin, Klaus, Xynthia et quelques autres, comme le très controversé test de la souris!"
  
  


SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE : Les huit enfants Schumann de Nicolas CAVAILLES

 SELECTION LE PRIX D'UNE VIE / LE PARISIEN MAGAZINE :  Les huit enfants Schumann de Nicolas CAVAILLES aux éditions du Sonneur, 12 euros.

Ce court livre condense bien plus que les vies de la descendance de Robert Schumann, ce musicien allemand dont l’auteur nous apprend ou nous rappelle  le génie précurseur que Johannes Brahms poursuivra avec une plus grande renommée. 
Les huit enfants de Robert Schumann qui naquirent entre 1841 et 1854 ont chacun reçu, en forme d’héritage paternel, « une poix dépressive », « une lucidité inhibitive » qui n’eut pour seule fonction que le rappel tragique du suicide de leur père parvenu au bout de sa folie.

Tout le travail de Nicolas Cavaillès empoigne la destinée des enfants Schuman où se reflète la part sombre de chacun d’eux héritée du père qu’ils ne connurent quasiment pas puisque Robert Schumann mourut à l’âge de quarante-six ans et que ses dernières années se déroulèrent dans un asile où Clara Schumann, sa femme, n’emmena jamais ses enfants.

Clara Schumann, justement, elle aussi grande et fameuse pianiste, contrôla à sa manière les talents supposés musicaux de ses enfants. Elle eut bien sûr la charge de les éduquer mais surtout et d’abord de les porter avec toutes les souffrances et les fatigues que chaque femme pouvaient subir au dix-neuvième siècle à chaque naissance. 

En structurant son livre suivant la chronologie des disparitions des enfants Schumann (Eugénie Schumann clôt la liste en 1938), Nicolas Cavaillès entrecroise, reprend et approfondit l’étrange sarabande des enfants Schumann, marquée autant par la musique que par la folie du père. Mais cette musique a t-elle provoqué la folie ou bien est-ce cette folie qui inspira la musique ?

Pour Nicolas Cavaillès la cause musicale est entendue, une charge surgit page 69 et règle son compte à la musique d’aujourd’hui comme un soulagement, une libération :
« La musique n’était pas en son temps cette chose galvaudée, cette arme d’abrutissement de masse, cette vache à lait sanglée sur une boite à rythmes qui beugle aujourd’hui à longueur de journée comme de nuit ses mélodies débiles au service du système consumériste (dans les vieilles villes comme dans les allées des supermarchés, au comptoir des cafés comme dans les toilettes d’autoroute, dans les ruelles désolées comme dans les centres commerciaux les plus éventés, partout et à toute heure le même ressassement de rengaines en plastique à destination d’oreilles formatées et de pieds carrés, partout la même pollution obèse par le bruit et la laideur, partout la même banalisation de ce qui jadis était sacré)… »