samedi 22 avril 2017

Quand c'est trop, ça prend l'eau !

Il était une fois... la traversée, par Véronique Massenot et Clémence Pollet, aux éditions Hongfei, 13,50€

La goutte d'eau qui fait déborder le vase ? Voilà une expression qui s'associe à merveille avec cet album !

Alors qu'un éléphant décide de traverser le fleuve, le voilà interrompu par une petite voix : deux tigres amoureux veulent aussi se rendre sur l'autre rive, mais sans se mouiller ! Montez donc beaux félins, et allons-y !
Attendez ! Voilà trois singes qui aimeraient eux aussi faire partie du voyage. Venez amis primates, un éléphant peut bien porter deux tigres et trois singes sur son dos. Et les quatre mangoustes qui rêvent de vacances, elles peuvent aussi monter ? Et le cobra ? Et le perroquet blessé ? Que de poids plumes, aucun problème pour notre vaillant pachyderme.
Seulement à force de rajouter des animaux, ce dernier faiblit ! Et lorsque l’araignée se joint à la joyeuse compagnie, le paquebot prend l'eau !
Sauf peut-être si la frêle arachnide, une fois sur la terre ferme, pouvait aider ses congénères...

Une histoire toute mignonne, un format assez étroit qui convient à merveille à notre jeu d’équilibrisme animal et des dessins originaux : tout est là pour en faire un véritable coup de cœur !
 


Repérages sur La Plage aux Ecrivains (épisode 3)

Trois auteurs, trois récits mais un fil conducteur pour ce nouveau repérage sur La Plage aux Ecrivains* : des récits de vie, ou de voyage, très personnels, voire intimes. Des parcours différents, mais tout aussi touchants et semés d'embûches, voire de drames.


Vie de ma voisine, de Geneviève Brisac, aux éditions Grasset, 14,50€

Peu après son déménagement, Geneviève Brisac rencontre sa voisine, qui, pour l'occasion, propose de lui parler de Charlotte Delbo. Mais la discussion se réoriente très vite, et Jenny, sa voisine, finit par se livrer. Elle relate alors sa vie, de son enfance à sa vie d'aujourd'hui. 
Fille de juifs polonais arrivés en France dans les années 20, elle voit peu à peu arriver l’antisémitisme en France. Les relations internationales se dégradent, les lois antisémites s'imposent progressivement. Sa vie devient un enfer, son innocence d'enfant vole en éclat : l'étoile jaune devient obligatoire pour tous les juifs, des horaires leur sont imposés pour aller faire leurs courses, les regards se détournent, les insultes se multiplient... Jusqu'au premières arrestations... puis la rafle du Vel d'Hiv.

Au fil des échanges se dévoilent ainsi sous nos yeux cette funeste période, les souffrances d'une famille, d'une époque et d'une société. 


Le bureau des Jardins et des Étangs, de Didier Decoin, aux éditions Stock, 20,50€

Retour au XIIème siècle, au Japon. Suite au décès de son mari, Katsuro, un des meilleurs chasseurs de carpes de l'époque, la veuve Miyuki doit livrer les derniers poissons ramassés par son mari au palais de l'Empereur. Seulement le chemin pour s'y rendre est long, et les nasses bien trop lourdes pour ses frêles épaules. N'ayant que peu d'alternatives et souhaitant honorer la mémoire de son défunt mari, la jeune femme entreprend cette longue route qui sera semée d'embûches en tout genre, oscillant entre blessures physiques et rencontres hasardeuses.

Outre un fidèle portrait du Japon impérial, des descriptions précises et imagées du pays, des villes et villages, des coutumes et des mœurs,  c'est aussi l'intimité du couple de Miyuki qui se dévoile peu à peu, permettant ainsi de mieux saisir les enjeux de ce grand voyage initiatique pour la veuve du pêcheur.


Fils du feu, de Guy Boley, aux éditions Grasset, 16,50€

Une famille frappée de plein fouet par la mort d'un des deux enfants, une mère qui se mure dans le silence, le deuxième fils qui grandit au cœur de la forge du père, telle est la face émergée de l'histoire que nous propose Guy Boley. Une histoire portée par une prose soutenue et un vocabulaire précis où transparaissent sensibilité, amour et admiration.

Mais bien plus qu'une tranche de vie, le lecteur voit grandir ce deuxième enfant, le voit se révéler, s'affirmer, devenir ce peintre parfois tourmenté, mais qui reste à jamais ce fils de forgeron, ce fils du feu, que l’ambiance de la forge a su toucher au plus profond de son être.




* Liste complète des auteurs : Pierre Adrian, Jean-Luc Aubarbier, Christophe Barbier, Aurélien Belanger, Guy Boley, Françoise Bourdin, Françoise  Bourdon, Geneviève Brisac, Arnaud Cathrine, Sandrine Collette, Charles Daney, Sophie Davant, Jean-Louis Debré, Didier Decoin, Julien Decoin, Patrice Duhamel, Jeanne Faivre d'Arcier, Marc Jolivet, Guillaume Le Touze, Rebecca Lighieri, Catherine Locandro, Amélie Lucas-Gary, Georges Malbrunot, Pascal Manoukian, Isabelle Mergault, Loïc Merle, Xavier Molia, Raymond Poulidor, Jean-Christophe Ruffin, Philippe Torreton.

Des places à tarif préférentiel au spectacle de Phillipe Torreton!

Redevenez "Jeune" avec La Librairie Générale!
A l'occasion du salon de La Plage aux Ecrivains des 13 et 14 Mai,
La Librairie Générale, en partenariat avec le Théâtre Olympia,
est heureuse de vous proposer, à vous clients de la librairie,
un tarif préférentiel pour assister au spectacle de

PHILIPPE TORRETON
VENDREDI 12 MAI à 20h45
au Théâtre Olympia d'Arcachon
MEC! 

« Dire du « Leprest » comme on dirait du « Rimbaud », pour l'écriture elle-même... Et puis, j'ai voulu former un duo pour ce récital. Mais je ne voulais pas être « accompagné » ni « soutenu » : je rêvais qu'un musicien lise aussi à sa manière les textes d'Allain. J'ai appelé Edward Perraud, et sans le savoir, je suis tombé sur un homme lui aussi bouleversé par l'oeuvre d'Allain Leprest et sa disparition récente ! Edward est un génial percussionniste, un poète du son, un chercheur-fonceur ; sur scène nous dialoguons, nous sommes unis et libres comme le demande le jazz et cette liberté colle bien aux textes d'Allain. » Philippe Torreton.
Philippe Torreton est l'un des plus grands acteurs français. Il alterne avec bonheur théâtre, cinéma, télévision et écriture. Il est vrai, populaire, émouvant et courageux, il incarne avec bonheur les mots d'Allain Leprest.

Au lieu de 29 euros (tarif plein), 
ne payez que 15 euros
 (qui est normalement le tarif "jeune" pour les moins de 26 ans)!
Comment faire pour redevenir "Jeune" et donc bénéficier de cet avantage?
C'est très simple, il suffit de nous contacter AVANT LE VENDREDI 5 MAI
(en venant à la librairie, ou par téléphone au 05 56 83 53 32 ou par mail en écrivant à arcalib@wanadoo.fr), nous vous inscrirons alors sur une liste que nous transmettrons à la billetterie de l'Office du Tourisme où vous pourrez acheter vos places entre le 5 et le 12 Mai.



samedi 15 avril 2017

Repérages sur La Plage aux écrivains (épisode 2)


Cette semaine nous voici confrontés, une fois encore, à trois écritures, trois sujets et trois sensibilités différentes. Celles-ci s'inscrivent successivement dans le présent pour Pascal MANOUKIAN, le passé pour Loïc Merle et une forme intemporelle pour Amélie LUCAS-GARY. Le seul point commun que nous pouvons leur trouver est qu’ils fouleront le sable de la Plage aux Ecrivains les 13 et 14 mai prochain. 


Ce que tient ta main droite t’appartient de Pascal MANOUKIAN aux éditions Don Quichotte, 18, 90 euros.

Ce que tient ta main droite t’appartient revient à deux reprises dans le roman de Pascal Manoukian. Leur signification, à quelques cent pages d’intervalle, ne sont pas les mêmes. Tant de choses se sont produites qu’à la deuxième lecture, Ce que tient ta main droite…  résonne comme un avertissement glacial, bien loin du paradis annoncé lors de sa première énonciation. 

Mais pour reprendre les choses à leur début, il faut suivre l’itinéraire parisien de Karim. Son destin lui évite d’être présent sur l’un des lieux d’attentats parisiens. Lorsqu’il s’y trouve, au « Zébu blanc », les corps sont déjà tombés sur la terrasse du café, sa fiancée et le bébé qu’ils attendaient font partie des victimes. 

Très vite Karim prend la décision de quitter la France et s’engage aux côtés des combattants de Daech. Son but, tuer Abou Ziad le chef des djihadistes. 

Son périple passe par la Belgique, la Turquie et la Syrie. Il traverse les lignes de cette guerre syrienne qui brasse un cosmopolitisme effarant. 
Si le roman de Pascal Manoukian a des accents aussi réalistes, c’est parce que tout a été - et on le sent très fort - vu et entendu. Pascal Manoukian est reporter de guerre.  


La vie aveugle de Loïc MERLE aux éditions Actes Sud, 15 euros.

Vincent Van Gogh a réalisé un autoportrait (destiné à  Gauguin) en 1888 où il s’est représenté en Geisha d’un vert dit Veronese. Ce tableau, parmi beaucoup d’autres, est frappé en 1937 du sceau d’art dit dégénéré par le régime nazi. Une exposition est organisée à travers l’Allemagne histoire que le peuple puisse rire ce cet art où furent rassemblés des Picasso, des Matisse, des Gauguin et  aussi des Dix, des Kokoschka, des Grosz…


Bien sûr il y eu pillage, Goebbels et Goering en furent mais lors de cette exposition itinérante qui dura quelques années on y adjoint  une peinture venue d’Heidelberg, ville des montagnes où des malades mentaux exerçaient leur talent. 

C’est donc à Heidelberg que le narrateur de Loïc Merle part à la rencontre d’un certain Auguste Strahl, peintre riche et célébré mais artistiquement raté. C’est avec lui que s’élabore l’histoire d’Heidelberg qui en 2017 se révèle encore comme une ville étrange toujours dotée d’un de ces amphithéâtres colossaux qui servirent à la propagande nazie.


Vierge d’Amélie LUCAS-GARY aux éditions Seuil, 17 euros.

Vierge doit être lu comme un conte moderne parce qu’il montre d’une certaine manière les affres de notre époque. Il faut entrer dans le conte car il nous est dit, dès son début, que nous allons entendre comment notre narratrice a vu le jour. Elle nous raconte sa légende « comme elle l’entend ». 

Cette légende veut que tout commence à saint-Denis là où l’on enterrait les rois et là où Louis IX débuta sa croisade. L’histoire, racontée depuis un bateau qui vogue à l’infini, est une cascade d’évènements concernant en premier la vie d’Emanuelle, jeune vierge mère de notre conteuse et à qui l’on a annoncé qu’elle attendait un enfant. Mais qui est le père puisqu’elle est vierge? Quel miracle a permit cela? 

Pour résoudre cette énigme, ce dilemme, cette angoisse, Emmanuelle délaisse Jonathan son amoureux  et s’en va dans les confins d’une contrée à la rencontre de personnages susceptibles de la révéler à elle-même telle Alice au pays des merveilles.  

Un nouvel œuf à la maison

Mais c'est MOI ton bébé !, par Debi Gliori et Alison Brown, au éditions Gautier Languereau, 12€

Grande nouvelle : Maman Hibou a pondu un œuf ! Elle s'empresse de le présenter à Petit Hibou pour lui annoncer qu'il y aura bientôt un nouveau bébé, un nouveau petit hibou ! 
Non, non et non ! Notre jeune oiseau n'en veut pas ! Hors de question qu'un autre petit hibou vienne prendre sa place auprès de maman ! Celle-ci, pour le rassurer, imagine ce qui pourrait sortir de ce bel objet ovale. Un ver de terre ? Un pingouin ? Non ! le premier se tortille partout, et le deuxième mange du poisson, quelle horreur ! Un oeuf en chocolat, alors ? Bof, il fond dès qu'on lui fait un câlin, c'est un peu décevant. Mais puisque l'œuf est si froid... peut-être est-ce un crocodile ? Encore moins ! Il va manger Petit Hibou ! Lui, ce qui lui plairait, ce serait un bébé éléphant... ou un bébé dragon ! Il pourrait jouer avec son nouveau frère toute la journée ! Seulement cette idée ne plaît pas vraiment à maman... pas plus que celle de voir éclore un bébé princesse torti-choco-pingou-croco-phant-drag-hibou ! 
Et si, au final, un petit hibou suffisait ? A une condition : Petit Hibou doit passer au grade de Grand Hibou (d'amour) !

Après Je t'aimerai toujours, Debi Gliori nous livre un album aussi adorable que le précédent, plein d'humour et de tendresse pour préparer l'arrivée d'un bébé dans la famille.

samedi 8 avril 2017

Repérages sur la Plage aux Ecrivains (épisode 1)


Aujourd'hui commence notre découverte de quelques auteurs présents les 13 et 14 mai sur la Plage aux Ecrivains*. Des livres aux orientations souvent très diverses. Mais n'est-ce pas ce qui fait tout l’intérêt voire le charme de la Plage aux Ecrivains? 
Cette semaine nous vous présentons les romans de Xabi MOLIA, Guillaume LE TOUZE et Catherine LOCANDRO.


Les premiers de Xabi MOLIA aux éditions du Seuil, 19 euros.

Xabi MOLIA  a ravi les critiques de l’automne en se saisissant d’un sujet rarement ou jamais vu en France. 
Imaginez, imaginez bien fort qu’un 19 janvier apparaisse au grand jour une pléiade de super-héros français. Ils vont révolutionner le statut d'un pays qui n’avait rien vu d’aussi beau depuis la victoire de son équipe de foot en 1998.  
Tous les maux d’envergure sont dès lors contrecarrés avec une aisance déconcertante - le terrorisme en premier. Les États-Unis sont jaloux. Divers témoins analysent la psychologie de ces êtres humains pourvus du jour au lendemain de super-pouvoirs dignes de Superman, Batman, Spiderman and co. Ils collaborent volontiers avec le gouvernement mais tiendront-ils le coup ?  
On pense beaucoup à Philip K. Dick dans ce traitement d'un futur plutôt proche. Xabi Molia, lui, attend un 19 janvier…


La mort du taxidermiste de Guillaume LE TOUZE aux éditions Actes Sud, 18 euros.

 Guillaume LE TOUZE commence son livre par un voyage en Corse qui s’éloigne des images touristiques habituelles. Le village que rejoint une certaine Marianne est encore touché par l’hiver, il parait délaissé. Marianne est la fille du taxidermiste. Elle vient se ressourcer, s’isoler dans la maison de son enfance. Peu de gens se souviennent d’elle. 
Pourtant, le roman de Guillaume Le Touze repose pour l'essentiel sur le thème des origines, sur l’identité et le prénom que le taxidermiste, un jour, a accepté de modifier, de transformer, de franciser. 
En effet, Bernard, aujourd'hui touché par une maladie incurable s'est dépossédé de son prénom véritable. Son fils, Antoine a toujours voulu reprendre le flambeau au contraire de Marianne, plus rebelle, qui n’accepte pas la fin prochaine de son père car, dit- elle, elle a encore beaucoup à parler avec son père.  
C’est avec une belle maîtrise que Guillaume Le Touze compose son histoire à l'instar du regard émouvant d’une girafe ou de l’effet saisissant d’un oiseau figé en plein vol. Des instantanés pour l’éternité propres à l’art du taxidermiste. 

Pour que rien ne s'efface de Catherine LOCANDRO aux éditions Héloise d'Ormesson, 18 euros.

Lila est l’héroïne du roman de Catherine LOCANDRO. Elle a été retrouvée morte dans son appartement. Celui qui est venu emporter son corps dans la nuit après que la police l’ait appelé est thanatopracteur. Il reconnait aussitôt celle qui fut l’héroïne de La chambre obscure, une adaptation d’un roman de Vladimir Nabokov. Le film fut, à la fin des années soixante, présenté à Cannes et fut un succès grâce à Lila, cette lumineuse jeune femme de dix-sept ans qui a gravé son visage dans la mémoire des cinéphiles. 
Mais cette gloire fut éphémère, la carrière de Lila capota quelques années plus tard à Hollywood où elle vint s’installer avec le réalisateur de La chambre obscure devenu son mari et le père de ses enfants.
Le thanatopracteur mène discrètement l'enquête sur les circonstances de la mort de Lila. En filigrane apparaît tout un univers cinématographique constitué de beaux personnages engoncés dans les décors grisâtres parisiens ou au bord d’une piscine sous le soleil californien. 


* Liste complète des auteurs: Pierre Adrian, Jean-Luc Aubarbier, Christophe Barbier, Aurélien Belanger, Guy Boley, Françoise Bourdin, Françoise  Bourdon, Geneviève Brisac, Arnaud Cathrine, Sandrine Collette, Charles Daney, Sophie Davant, Jean-Louis Debré, Didier Decoin, Julien Decoin, Patrice Duhamel, Jeanne Faivre d'Arcier, Marc Jolivet, Guillaume Le Touze, Rebecca Lighieri, Catherine Locandro, Amélie Lucas-Gary, Georges Malbrunot, Pascal Manoukian, Isabelle Mergault, Loïc Merle, Xavier Molia, Raymond Poulidor, Jean-Christophe Ruffin, Philippe Torreton.





Ana Sanchez-Ortiz en dédicace à la librairie!

Ana Sanchez-Ortiz

viendra dédicacer son livre à la librairie
Le Livre des Destins Tome 1 Le don de la nature
paru aux éditions Amalthée

SAMEDI 15 AVRIL
 de 10h30 à 12h00 et de 14h30 à 18h00


Dans un esprit d'héroïc fantasy, Ana Sanchez Ortiz, jeune auteure du Bassin d'Arcachon, nous entraîne à la suite de Yava, un elfe de quinze ans banni de son village à la suite de la mort de sa mère, décès dû à une étrange maladie dont il est, à tort, reconnu coupable. Le voilà sur les routes où son destin va basculer. Au fil des rencontres, il en apprendra davantage sur un mystérieux et machiavélique seigneur des morts : l'empereur des Songes. Celui-ci rassemble une armée de démons afin de conquérir l'Ilutréal, l'immense royaume qui comprend à la fois le royaume natal de Yava et celui des hommes...

Pour en découvrir plus sur Ana et le destin de son livre: Page Facebook d'Ana

Encore cette histoire ?!

Le vaillant petit livre, par Juliette Bailly, chez Oskar éditeur, 9,95€

L'histoire du soir est un moment très important pour l'enfant, et ce ne sont pas les parents de Charlie qui vont dire le contraire !
Seulement voilà, lorsque l'on raconte tous les soirs la même histoire... ça devient lassant ! Maman ne supporte plus ce livre et sa réplique récurrente "Je vais te manger le bout du nez !". Papa en a assez de ce grand monstre qui clame, ce soir encore, "Je vais te manger le bout du nez !", et qui le redira demain encore !

C'est décidé : les parents de Charlie vont se débarrasser du livre. Hop, le livre est in extremis placé dans une cachette secrète... mais réapparaît le soir même sur le lit du garçon ! Dimanche, la famille va se promener en forêt, et le livre glisse malencontreusement du sac... pour se retrouver à nouveau entre les mains de l'enfant ! Et même un peu sale, on peut encore le lire. Alors les supercheries s'accélèrent : l'ouvrage tombe dans la machine à laver, dans la poubelle, passe sous la tondeuse à gazon... Sans succès !
C'est un échec complet pour les parents... jusqu'au jour où ils trouvent Charlie dans son lit... en train de lire, tout seul ! Le grand monstre y serait-il pour quelque chose ?


Un beau clin d’œil aux parents qui n'en finissent plus de raconter encore et toujours la même histoire chaque jour 
et qui ne connaissent pas encore La Librairie Générale où ils pourraient être conseillés pour trouver de nouvelles et belles histoires... ;) !

Discussion autour des livres et du métier de libraire

Les hasards du calendrier font que le Lundi 10 et le Mardi 11 Avril, les livres et le métier de libraire seront à à l'honneur en la personne bien connue chez nous de l'ancien libraire de La Librairie Générale: Jean-Claude Duqueyroix! Retrouvez-le:

LUNDI 10 AVRIL à 15h00 
au Palais des Congrès, entrée gratuite
L'UTLARC invite
Jean-Claude Duqueyroix
ancien gérant de La Librairie Générale d'Arcachon
ancien président de la Fédération des associations régionales de libraires indépendants
pour une présentation du métier de libraire
"De Gutenberg à l'édition numérique: mémoire d'un libraire"
Avant même l'invention de l'imprimerie, 
le livre a été un élément moteur de la plupart des civilisations. 
Comment son marché a-t-il évolué? Quel est l'avenir des librairies indépendantes?


Café des Prévoyants de l'Avenir avant 1924, 
date à laquelle La Librairie Générale est venue s'installer.

MARDI 11 AVRIL de 10h00 à 12h00 
CLUB LECTURE à la BIBLIOTHEQUE MUNICIPALE 
(cours Tartas), ouvert à tous
Rencontre animée par Jean-Claude Duqueyroix.
Coups de coeur, actualités littéraires, envies du moment, 
la discussion autour des livres sera engagée en toute convivilaité!






samedi 1 avril 2017

La terre qui les sépare d'Isham MATAR

La terre qui les sépare d'Isham MATAR aux éditions Gallimard, 22,50 euros.

 Isham Matar a reçu au début de l'année 2017 le prix du Livre Etranger, un prix ouvert sur les autres cultures, sur l'ailleurs, le lointain... En 2011 nous avions tous les yeux grands ouverts sur ce qui se passait en Libye qui, après la Tunisie, avait enclenché sa propre révolution et mis à bas le régime de son dictateur Khadafi. Quelque part, à Benghazi, Hisham Matar revenait dans son pays, retrouvait quelques uns de ses oncles, tantes, cousins, neveux... Il pénétrait une terre qui lui était interdite depuis un nombre considérable d'années. Il avait pris le risque de retrouver son pays dès que cela fut possible pour comprendre et connaître toute l'histoire de la disparition de son père, kidnappé en Egypte et emprisonné en Libye en tant qu'opposant, torturé sans aucun doute et sûrement mort sans que quiconque ne sache ni comment, ni quand. 

Isham Matar avait dix-neuf ans lorsque son père disparut. Il évoque dans ce livre les années de clandestinité en Angleterre et en Egypte, les drôles de rendez-vous que lui fixait son père en Suisse pour tromper les espions libyens, les consignes sévères qu'on lui fixait lorsqu'il étudiait en Angleterre et qui lui interdisaient de révéler sa nationalité. Isham Matar adorait son père qui fut un héros, conscient dès le début de la dangerosité de Khadafi. Outre l'inestimable document que les pages de ce livre nous procurent quant à l'histoire libyenne, il y a par-dessus ça, une sublime évocation de la culture  de ce pays, de son essence même, de ses couleurs et de ses odeurs, de sa population admirable. La terre qui les sépare procure un immense sentiment d'amour conjugué avec une douleur quasi indicible qui hante la mémoire d'un fils envers son père. Hisham Matar hisse son livre à hauteur d'un monumental exercice sur l'histoire de son pays accompagné d'un hommage intellectuel et d'une pudeur inouïe envers un homme irremplaçable qui s’appelait Jaballa Matar.