samedi 31 décembre 2016

SLJA - Quand collège et sentiments s'entremêlent...

Le Salon de Littérature Jeunesse d'Arcachon arrive à grands pas !

2016 se termine à peine que déjà se profilent de grands évènements pour 2017 ! Nous vous donnons d'ores et déjà rendez-vous le week-end des 18 et 19 février 2017 pour la 17ème édition du Salon de la Littérature Jeunesse d'Arcachon ! Pour l'occasion, pas moins de 38 auteurs sont invités, et grand nombre d'entre eux interviendront dans les différents établissements scolaires de la COBAS.

D'ici là, nous vous dévoilerons peu à peu le programme (un peu de patience !) et vous proposerons régulièrement quelques coups de cœur sur certains titres des auteurs conviés.



La seule façon de te parler, par Cathy Ytak, aux éditions Nathan, 5,60€

Nine devrait être en 4ème, pourtant c'est en classe de 5ème que nous la retrouvons. En échec scolaire, notre collégienne ne supporte plus l'école, au point d'avoir une boule au ventre dès qu'elle aperçoit la forme tant redoutée du collège. Nine a peu d'amis, elle se replie sur elle-même, ne parle que très peu et surtout, ne fournit plus aucun travail en cours. Pour éviter un deuxième redoublement, elle fait le minimum, juste ce qu'il faut pour passer en classe supérieure et ne pas devoir subir ce bâtiment une autre année de plus. Le bruit, l'agitation, les cours.... bref, tout dans son collège la rebute. Tout, sauf ce nouveau surveillant, Ulysse, si beau, si attentif... Il connaît même son nom et accepte de lui parler ! Il est sa seule raison de se présenter encore au collège.
Folle amoureuse de lui, Nine va tenter de surmonter sa timidité et sa peur, mais ce n'est pas chose facile. Comment lui dévoiler ses sentiments ? Et comment prendra-t-il la chose, lui qui est bien plus âgé qu'elle ? 
Un plan se forme dans sa tête lorsqu'elle apprend qu'il a un frère, dans ce même collège qu'ils fréquentent tous les deux : elle doit se rapprocher de Noah. Seulement ce jeune frère est différent, peut-être même inaccessible : réputé comme un élève sauvage et distant, il est de plus totalement sourd. La situation se complique pour Nine, pourtant il n'est pas question pour elle d'abandonner !
Nine va ainsi découvrir le handicap de Noah, handicap que lui et ses autres amis sourds surmontent très bien, puisqu'ils parviennent, malgré les idées reçues, à communiquer entre eux et, parfois, avec les autres grâce à un langage bien à eux : la Langue des Signes Française. 

Ce roman est une très belle évocation du collège et des difficultés que peuvent rencontrer certains élèves, abordant à merveille non seulement la phobie scolaire mais aussi la complexité des relations sociales. Cathy Ytak nous ouvre également les portes d'une langue méconnue mais pourtant essentielle pour une petite partie d'entre nous. Nine se plongera avec un plaisir non caché dans l'apprentissage de la LSF pour en découvrir les secrets et  ainsi apprendre à communiquer avec Noah. Et, qui sait, ce qui ne devait être qu'un moyen pour atteindre Ulysse pourrait bien se transformer en une belle histoire...

Justesse, tendresse et découverte sont bel et bien les maîtres mots de ce roman.




Continuer de Laurent MAUVIGNIER

Continuer de Laurent MAUVIGNIER aux éditions de Minuit.

En 2017, Laurent Mauvignier aura cinquante ans. Il lui aura fallu du temps mais voilà, Laurent Mauvignier est devenu le romancier d’une génération.  
Peut-être ne s’en est-il pas rendu compte, peut-être ne l’a-t-il pas non plus souhaité. 
Ses premiers livres étaient confinés dans une intimité certes universelle mais qui n’étaient marqués ni par les dates (1995 pour Continuer), ni par les évènements (attentats de Saint-Michel). 

En 2006, lorsque parut Dans la foule, ce fut comme un avertissement (1985, "le drame du Heysel"), suivi de l'immense Des hommes (La guerre d'Algérie). Il s'agit cette fois d'un appel ou plutôt du rappel d’une jeunesse à la fin du vingtième siècle, ravivée par l’émouvante personnage nommée Sybille. 
Laurent Mauvignier crée des personnages qui ne transigent pas, ils brûlent et se brûlent au contact de la vie. 

Continuer commence avec Sybille et son fils Samuel, partis au Kirghistan où ils randonnent à cheval dans des contrées désertiques à la merci des voleurs mais sous la protection des nomades qui les accueillent dans des yourtes. Il faut comprendre ce qui les a amené là, eux, des français insolites dans un paysage immense qui les dépasse et les subjugue. Samuel est un adolescent difficile qui s’est terriblement déçu lors d’une soirée au bord de l’océan à Lacanau. Conscient d’avoir fait n’importe quoi cette nuit-là, en raison de sa timidité avec les filles, il s’est muré dans le silence alors que ses parents, divorcés, s’interrogent sur l’acte qu’il a bien pu commettre. 

Sybille prend la décision de partir avec lui pour un voyage de la dernière chance. Leur amour commun pour les chevaux devrait, pense t-elle, servir à les rapprocher, à communiquer. Le père, Benoit, vit à Paris et se doute que ce voyage ne marchera pas. Il raille Sybille sur son incapacité à mener à bien ses projets mais Sybille, forte tête, pèse bien plus que lui pour des raisons qui ne s’élucideront qu’à la fin du livre. 

C’est après l’incident - la disparition de Samuel - que l’éclairage sur le passé de Sybille a  lieu. La tension monte d’un cran. Sybille, perdue dans les montagnes kirghizes, est littéralement transfigurée et offre la pleine mesure dramatique au livre. 

Continuer s’érige en parfait exemple d’une transformation des personnages. Sybille, Samuel et Benoit effectuent chacun leur révolution laissant une trace profonde dans l’œuvre de Laurent Mauvignier. 

Continuer, envers et contre tout, car il subsistera toujours quelque chose que beaucoup reconnaîtront et qui ouvrira dans leur intimité de nombreux secrets. 

samedi 24 décembre 2016

JOYEUX NOEL A TOUS !


Cannibales

Cannibales de Régis JAUFFRET aux éditions du Seuil, 17 euros.

A partir d’une riche bibliographie entamée en 1985 et couronnée par de nombreux prix dont celui de la ville d’Arcachon en 2012 avec Claustria, récit inspiré de la détention en Autriche durant 24 ans, d’une mère et de ses trois enfants par un certain Josef Frizl, Régis Jauffret, souvent, s’est mis en tête d’explorer les aspects monstrueux de la nature humaine.

Cannibales, qui a concouru jusqu’au bout pour l’attribution du Goncourt 2016, effleure encore une fois le genre, de par son titre d’abord quelque peu terrifiant mais qui se révèlera trompeur. 
Dès la première phrase, Régis Jauffret imagine une correspondance échangée par deux femmes sur le mode de la conversation dans un style emprunté au siècle le plus brillant de notre littérature mais aussi le plus boursouflé, le dix-huitième. 

C’est avec grand fracas que Noémie, jeune femme au caractère puissant, excentrique et considérablement imbue de sa personne, entame les hostilités avec une lettre destinée à Jeanne, femme bien plus âgée qu’elle qui aurait pu devenir sa belle-mère si Noémie ne lui faisait pas l’annonce de sa rupture avec Geoffrey, son fils, qui, injure ultime auprès de la plaignante, n’a pas daigné se répandre en lamentations pour avoir perdu un si grand amour. 

L’animosité de Noémie se reporte sur Jeanne responsable d’avoir engendrée cette créature masculine poltronne et donne ainsi le ton très affecté et précieux de chacune des lettres que, dès lors, les deux femmes s’envoient à un rythme effréné. 
Par ce procédé, assez rare aujourd’hui, Régis Jauffret fait étalage de son amour du beau langage et tient son pari de nous servir à outrance un projet consistant à fomenter les pires choses à partir de mots savamment choisis comme un venin s’écoulant dans la soie la plus fine. 

Cette détestation réciproque de Noémie pour Jeanne est un régal. La haine entretenue par les deux femmes se transforme en une association criminelle pour en finir avec la fatuité masculine représentée par Geoffrey qu’au meilleur de leur imagination, elles décident de faire rôtir.

Cannibales chevauche le temps et l’espace dans l’échafaudage de ce meurtre. Régis Jauffret, très inspiré, monte très haut dans cette surprenante pièce montée qu’il construit et signe comme un livre magistral sur la parole féminine. 

De l’avalanche d’horreurs dont on sait qu’elles ne sont et ne seront jamais advenues, nous succombons au délire de cette partie de pingpong où s’esquisse à chaque lettre une figure plus endiablée que la précédente. Or, le funeste projet de Noémie et Jeanne est grévé par la modification des sentiments, par les impondérables de la vie de l’une et l’autre en proie à des volte-face que chacune retourne toujours en sa faveur. 

La puissance de Noémie et Jeanne se terre dans la certitude de leurs choix. S’offusquer de leurs énormités, de leurs élucubrations, c’est nourrir leur raison d’être, avaliser leur existence, les rendre vivantes et oublier qu’un écrivain peut jouer avec les mots jusqu’à l’ivresse. 

Cannibales, pur exercice de style, en agacera plus d’un à l’heure où règne, sans partage ou presque, autant dans nos vies de lecteurs que dans notre société actuelle, la notion du fait divers. Régis Jauffret, pulvérise le genre, l’engloutit comme l’ogre littéraire qu’il est depuis longtemps devenu.

Amité et coeur givrés

Une saison inoubliable, par Mônica Carnesi, chez Circonflexe, 12,50€

Les rencontres ne se passent pas toujours comme prévu, et le premier contact n'est pas toujours le meilleur ! 
C'est le cas de Clémentine et Ours, par exemple. Leur amitié n'a pas commencé sur une bonne base, pourtant ils sont dorénavant inséparables. Oui, inséparables, au point de ne plus pouvoir se quitter tout un hiver durant...  Comment va faire Clémentine durant ces longs mois si son ami n'est plus à ses côtés ? Ours est parti pour hiberner... et malheureusement ce n'est pas une contrée lointaine où partir en vacances. Ce long sommeil d'hiver... c'est "un peu comme une soirée pyjama ?". Comme ça a l'air bien ! Hop, la valise est prête, notre lapine va hiberner elle aussi ! Seulement voilà, dormir sur commande, ce n'est pas si facile...
Bien réveillée, elle choisit alors de faire le plus beau des cadeaux à son ami, lui offrir quelque chose d'exceptionnel : lui faire partager toutes ces petites choses de l'hiver que l'Ours n'a jamais vu et ne verra probablement jamais. 

À vos patins et boules de neige, il faut immortaliser ces plaisirs pour Ours !

samedi 17 décembre 2016

Mon beau sapin...

Toute la semaine sur la nouvelle page facebook de la librairie,
nous avons sélectionné pour vous les "incontournables",
les livres qui feront à coup sûr le bonheur de tous au pied du sapin!

Voici ceux choisis par Anne:
- Nina Simone, la bande dessinée de Yumiko Hioki accompagnée de son CD, chez BD Music
- Glacé, par Bernard Minier, en collection de fête chez Pocket
- La Boîte à Quiz Le Routard
- Anagrammes pour lire dans les pensées, par Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow, chez Actes Sud
- Les petits mythos, par Christophe Cazenove et Philippe Larbier, chez Bamboo Édition
- Le mystère Henri Pick, par David Foenkinos, aux éditions Gallimard
- Trois jours et une vie, par Pierre Lemaître, aux Éditions Albin Michel
- Calendrier 2017, Sahel Sahara, par Titouan Lamazou, chez Gallimard
- Le pouvoir au féminin : Marie-Thérèse d'Autriche,1717-1780, l'impératrice-reine, par Elisabeth Badinter, chez Flammarion
- La valse des arbres et du ciel, par Jean-Michel Guenassia, aux Éditions Albin Michel
- Mémé dans les orties, par Aurélie Valognes, chez Le Livre de Poche

Voici le choix de Sylvie:
 - Sublime élégance, par Maria Maccari, aux éditions White Star
- Navires de mémoire, les navires qui ont marqué l'histoire, par Guy Le Moing, chez Ancre de Marine Editions
- Le Dompteur de vent, par Bernard Villiot, aux éditions Gautier-Languereau
- Gâteaux extraordinaires 100% chocolat, chez Hachette Cuisine
- Cuisiner avec un robot cuiseur Cookeo, par Noëmie André, aux éditions Larousse
- Une femme blessée, par Marina Carrère d'Encausse, chez Pocket
- Ma meilleure ennemie, par Paula Daly, chez le Cherche Midi éditeur
- Chanson douce, par Leïla Slimani, Prix Goncourt 2016 publié chez Gallimard
- De Force, par Karine Giebel, aux éditions Belfond
- Intimidation, par Harlan Coben, aux éditions Belfond également
- Qui aura le dernier mot ?, un coffret proposé par les éditions Larousse pour s'amuser en maniant habilement la langue française
- Apéro culte, un coffret des Editions Marabout pour animer les apéritifs endiablés de ces fêtes de fin d'année !

Aucun texte alternatif disponible.

Le choix de François:
 - Continuer, par Laurent Mauvignier, paru chez Les éditions de Minuit
- Design ; l'histoire contemporaine à travers 190 icônes, par
Jessica Braun, Gregor Wildermann, Laura Bohlmann, aux éditions White Star
- La Rage, par Zygmunt Miloszewski, chez Fleuve noir
- Ecrits sur l'art, par André Malraux, en coffret de deux volumes dans la Bibliothèque de la Pléiade
- Tabous, par Danielle Thiéry, aux Editions Ombres Noires
- La Revue Scnock (ici le numéro 21 sur Michel Audiard), publiée par les Editions La Tengo
- L'histoire secrète de Twin Peaks, par Mark Frost, aux Editions Michel Lafon
- Peindre, pêcher et laisser mourir, par Peter Heller, paru chez Actes Sud
- Le rapport de Brodeck (T.1) : l'autre, par Manu Larcenet, aux éditions Dargaud
- Repose toi sur moi, par Serge Joncour, chez Flammarion

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Et enfin, le choix de Marine: 
- Mini Lampe liseuse à LED avec pince, pour terminer vos lectures à toute heure et avec plus de confort
- Les amants du Génome, par Johan Heliot, aux Éditions Syros
- Mon dernier continent, par Midge Raymond, aux Editions Stock
- L'histoire du lion Personne, par Stéphane Audeguy, aux Editions du Seuil
- Les chevaliers d’Émeraude, par Anne Robillard, aux éditions Michel Lafon Jeunesse
- Une vie entre deux océans, par M.L. Stedman, publié chez Le Livre de Poche
- L'île du point Némo, par Jean-Marie Blas de Roblès, aux Editions Points
- Rencontres autour du monde, par Stéphanie Ledoux, chez Elytis editions
- Sauvage, par Kattie Cotton, Stephen Walton, aux éditions Gautier-Languereau
- L'adoption, T.1 : Qinaya, par Zidrou et Arno Monin, aux éditions Grand Angle
- Les poilus d'Alaska, par Brune, Duhand et Delbosc, chez Casterman BD
- L'envers des contes, T.1 : la sœur pas si laide de Cendrillon, par Gihef et Zimra, publié par Kennes Editions
- Ar(t)cachon, les joyaux du Bassin, par Véronique Ressouches et Steven Weinberg, éditions Hippocampus
- Calendrier 2017 : Tu peux pas comprendre...t'es pas un chat !, par Aurélie Lemoine et Zabée, aux éditions Larousse.


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Ce mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne de Jean-Claude LALUMIERE

Ce mexicain qui venait du Japon et me parlait de l’Auvergne de Jean-Claude LALUMIERE aux éditions Arthaud, 17 euros.

Le grand voyageur que nous supposons être Jean-Claude Lalumière a trouvé un nouvel alter ego avec qui assouvir sa soif inextinguible d’aventures. Car il en est toujours ainsi avec cet auteur, un personnage surgi de sa province (toujours lointaine), en l’occurrence ici l’île d’Oléron, débarque à Paris nanti des plus grandes ambitions. 

"Voir du pays" disent à peu près tous les (anti)héros de ses livres. Surmonter le complexe du provincial et affirmer sa réussite en envoyant, par exemple, une carte postale à chaque passage dans une ville susceptible (ou pas) de faire rêver sa douce maman qui pourra à son tour s’enorgueillir de recevoir du bout du monde un gribouillis de son fils et surtout une vue idéale d’un endroit où elle ne se rendra jamais. 

Benjamin Lechevalier donc, nouvel aventurier du monde de Jean-Claude Lalumière, a eu tôt fait de trouver le métier idéal de représentant (culturel) de commerce qui l’expédie de ville en ville à la conquête de nouveaux clients. Le problème, lorsqu’on voyage sans cesse, est de se lasser. Pire, Benjamin Lechevalier éprouve, à la longue, le sentiment de ne rien voir d’autre que des chambres d’hôtel et des restaurants où il côtoie toujours les mêmes personnes qui exercent le même métier. 
Les trajets en train ou en avion sont propices à la fréquentation d’une communauté de voyageurs professionnels qui optent souvent pour les mêmes pratiques extra-conjugales. Mais Benjamin Lechevalier est différent, il tombe amoureux de Clara qu’il croise et recroise au travers de ses pérégrinations planétaires avec l'espoir secret de parvenir à la séduire. Sauf que notre homme, hélas pour lui, n’est pas un séducteur dans l’âme alors quid de cette histoire : Benjamin vivra t-il le grand amour ?

Jean-Claude Lalumière a une qualité d’écriture qui correspond, pour faire court, au caractère des gens qu’il met en scène. Des gens modestes serait-on tenté de dire mais non dénué de bon sens. Des gens pratiques, Benjamin Lechevalier se révélant comme quelqu’un de "terre à terre" . Il n’est pas là pour enchanter le monde mais pour lui assigner un sens. Le quotidien ne doit pas être perdu de vue. Les repas, le sommeil, le prix de telle chambre, les conditions de voyage, leur durée etc., participent pleinement à la montée en puissance d’un humour déjà expérimenté dans les autres livres de Jean-Claude Lalumière et, quand cet univers, en principe rassurant mais solitaire de l’organisation intime, se détraque, il provoque le rire voire l’hilarité. 


Jean-Claude Lalumière se moque allègrement d’une lignée d’écrivains concentrés sur le détail soit disant poétique des choses ordinaires. Il saccage ce territoire un peu à l’exemple des Bidochons créés par l’ineffable Binet. La poésie, non merci. Il est bien plus préférable de ne pas tomber malade en avion mais bien évidemment, Benjamin gaffe toujours au moment crucial. Un anti-romantique en puissance.

Quand l'opéra renaît

La Petite Chef d'Orchestre, de Didier Lévy et Violaine Costa, aux éditions Gautier Languereau, 12€

Comme toute petite fille curieuse, notre jeune héroïne profite de ses visites chez son arrière-arrière grand-mère (oui, Anna-Flora a tout de même 110 ans !) pour visiter son grand appartement situé au dessus du Grand Théâtre de l'Opéra. En flânant, celle-ci découvre un étui de velours renfermant une précieuse baguette qui n'est autre que celle du célèbre chef d'orchestre Albéric Fondeville, dernier mari d'Anna-Flora, elle-même cantatrice de renom. Lorsqu'elle s'en saisit, la baguette s'illumine soudainement... serait-ce une baguette magique ? Toujours est-il que la petite fille s'engage inexorablement dans le grand escalier du théâtre qui la mène vers la grande salle, puis vers l'estrade de la fosse d'orchestre. Soudain, alors qu'elle agite sa baguette, des notes de musique s'élèvent. Encouragée par sa famille venue l'écouter, l'enfant réveille les fantômes de l'opéra, et Albéric lui-même lui fait l'honneur de chanter ! 

Autour de dessins lumineux, le texte nous emporte vers des airs d'opéra, airs d'ailleurs suggérés en fin d'ouvrage pour accompagner la lecture de l'album. 

Un album tout en douceur et empli d'amour où le Grand Théâtre devient un symbole de réunion et de joie.

Les rendez-vous de la bibliothèque


Mercredi 21 Décembre à 15h00

Ne ratez pas la lecture de contes proposée à la bibliothèque qui, pleine de magie, emportera merveilleusement petits et grands dans la belle et douce période de l'Avent!

Entrée libre ouverte à tous, adhérents ou non.

samedi 10 décembre 2016

Les rendez-vous de la bibliothèque


Rendez-vous au Club de Lecture de la Bibliothèque –
Mardi 13 Décembre de 10h à 12h

Adhérents ou non à la Bibliothèque, tous les amateurs de livres sont invités à la réunion du club de lecture de la Bibliothèque d’Arcachon, animé par Jean-Claude Duqueyroix.
 Actualité littéraire, coups de cœur, envies du moment, 
la discussion autour des livres sera engagée en toute convivialité.
Venez nombreux !





Espoirs, gloire, décadence... la vie secrète des jeunes sportifs

Double faute, par Isabelle Pandazopoulos, aux éditions Gallimard, collection Scripto, 9,90€

S'élever, devenir un joueur professionnel, c'est le rêve de nombreux jeunes sportifs. Pourtant, la réalité est souvent toute autre.
Dans ce roman, rédigé à la première personne, s'exprime Ulysse. Cadet de Ludovic, ce jeune garçon, passionné de tennis comme son frère, s'entraîne avec acharnement pour réussir, pour gagner, pour entrer dans la cours des grands. Pourtant, malgré ses efforts, son père le rabaisse, l'épuise, le comparant sans cesse à son aîné, toujours plus grand, plus fort, plus prometteur. À la suite d'une blessure, Ulysse en profite pour arrêter le tennis, il veut redevenir un adolescent "comme les autres", ne plus avoir cette pression intense que fait peser son père sur lui, ne plus subir les entraînements tous les matins, avant d'aller en cours. 
Seulement quelques années plus tard survient un tragique accident, plongeant ainsi Ludovic dans le coma. Que s'est-il passé ? Comment a-t-on pu arriver à un tel drame ?
En revenant sur son enfance, sur les relations bien particulières qu'il entretient tant avec son père qu'avec son frère, notre narrateur retrace l'enfer que peut vivre un enfant à qui on demande sans cesse plus. Autour du thème pourtant fédérateur du sport ressort le malaise d'un enfant, la figure paternelle écrasante, les pressions de la gloire, et, de fait, les dérives que cela peut engendrer... 

Un roman puissant, détonnant, qui aborde des sujets sensibles mais malheureusement bien présents chez les jeunes (ou moins jeunes) sportifs...

La rage de Zygmunt Miloszewski

La rage de Zygmunt MILOSZEWSKI aux éditions Fleuve noir.

La ville d’Olztyn en Pologne, de la région administrative de Varmie-Mazurie (nord-est), est, dans la mémoire du lecteur, la grande vedette de ce roman policier, à tout point de vue, délectable. 

On devine d'ailleurs assez bien la satisfaction de l'auteur d’avoir envoyé son personnage, Teodore Szacki, procureur star de Varsovie, dans cette petite ville où l’on ne peut, parait-il, tourner normalement à gauche et d'où tombe du ciel « un truc dégueulasse », « une noirceur mauvaise et livide »,« un nocturne monochrome, empreint de froideur et de néant »

Il est vrai qu’au moment où débute l'histoire, nous sommes le 25 novembre 2014. Les nouvelles du jour nous apprennent que l'on vient de tester sur des souris la suppression du chromosome mâle Y et, qu'à partir de cela, on peut imaginer un monde où seules les femmes auraient survécu. On apprend encore que 100 000 personnes à Kiev sont sorties dans la rue, que le train Pendolino a battu le record de vitesse ferroviaire en Pologne : 293 Km/h, que Cracovie, troisième ville la plus polluée d'Europe, interdit le chauffage au charbon, que les habitants d'Olztyn ont émis le souhait d'avoir des pistes cyclables, un centre sportif couvert et un festival important mais aussi des routes pour vaincre le fléau des bouchons. Enfin, et voilà qui nous rapproche de ce qui va se déployer sur pas moins de cinq cent pages, qu'il a été établi, ce même jour, la journée internationale de la mobilisation contre la violence à l’égard des femmes.  

Lentement mais sûrement, nous nous approchons de ce que Zygmunt Miloszewski nous a savamment concocté avec beaucoup de malice, à l’exemple de la présentation de certains de ses personnages. 

« - Commissaire adjoint Jan Pawel Bierut, se présenta le policier qui, d’un air morose, anticipa certainement la plaisanterie qu’on ne lui épargnait jamais dans de telles circonstances. Pas facile de porter à la fois les prénoms d’un pape et le nom d’un dirigeant communiste honni. » p.42

« - Frankenstein, dit-il en lui tendant la sienne.
Il aurait fallu que le tonnerre gronde au loin. » p.70

« Le jeune magistrat avait des faux airs de Louis de Funes. Il ne l’avait pas remarqué parce que, primo, Falk était jeune, et, secundo, mortellement sérieux. » p.92

Et c'est avec ceux-là, entre autres, que le procureur star Teodore Szacki va traverser une période de sa vie qui ressemblera, en tout point, à l’enfer. Le lecteur, fasciné, l'accompagnera tout le long, en proie, pour sa part, à toutes sortes de manipulations. 

La rage est, au final, un puissant thriller où s’affrontent d’un côté les idéaux d’un procureur incorruptible et de l’autre, ceux d’une organisation résolue à se substituer à la justice. 
Un combat sans merci s’engage et nous observons le procureur Teodore Szacki naviguer dans un épais brouillard avec, malgré tout, la certitude d'avoir toujours un coup d’avance. Du moins le croit-il.  

Le patient démiurge qui ordonne cette ténébreuse affaire s’autorise maintes prouesses narratives et affirment de ce fait son insolent talent. 
Zygmunt Miloszewski, noblesse oblige, rappelle au passage que son succès en France tient avant tout à Kamil Barbarski, son traducteur.

samedi 3 décembre 2016

Une nouvelle page s'ouvre pour la librairie!


Cette fois ça y est, nous y sommes :


Parce qu'il n'y a pas d'âge pour rester connecté, nous avons décidé de fêter nos 92 ans ce mois-ci en entrant dans le monde merveilleux des réseaux sociaux !
Pour rester au plus proche et partager toujours plus avec vous, La Librairie Générale vient d'ouvrir sa page facebook et son compte twitter !
Que les fans du blog se rassurent, ils continueront à recevoir chaque samedi des nouvelles du blog que nous ne saurions délaisser car le blog est et restera l'identité même de ce que nous sommes : une librairie indépendante qui défend ses choix et ses idées.
Mais justement parce que nous sommes une librairie qui, en général, a beaucoup de choses à dire, facebook et twitter vont nous permettre de vous embarquer avec nous dans notre vie de libraire en partageant avec vous de façon plus spontanée ce que nous vivons tous les jours : photos de nos rencontres et événements, titres des livres que nous avons repérés, actualité littéraire dans son ensemble.... le champ des possibles est vaste et nous sommes heureux de pouvoir le construire avec vous : suivez-nous donc désormais sur la page facebook La Librairie Générale Arcachon et sur le compte twitter @LaLibGenerale
  


Nous en profitons pour remercier ici deux personnes qui chacune dans leur domaine nous ont beaucoup aidés :
  • Nora pour ses très jolis papillons, sapins, étoiles... en origami aux mille couleurs qui ornent notamment nos vitrines de Noël ! Si elles vous plaisent, vous pouvez en acquérir en allant la voir au salon de coiffure Thomas Becquet, à 2 magasins de la librairie !
  • Mr Roudoudou pour nous avoir fait entrer dans la twittosphère et pour ses très belles photos de la librairie et des rencontres que nous avons pu organiser jusqu'à présent!
    Vous pouvez aussi retrouver certains de ses clichés du Bassin au-dessus de nos étagères de livres. Pour vous en procurer, vous pouvez le contacter en lui envoyant un mail à roudoudou.cool@laposte.net et en découvrir plus sur son blog mrroudoudou.com !

L'archipel d'une autre vie d'Andreï MAKINE

L’archipel d’une autre vie d’Andreï MAKINE aux éditions du Seuil, 18 euros.

L’Archipel d’une autre vie nous propulse en Sibérie extrême-orientale, à Tougour, petite localité faisant face à l’archipel des Chantars. La notion de géographie est importante dans ce livre, Andreï Makine, né en Sibérie, s’applique à nous dépayser en nommant avec précision les fleuves, les îles et les villages car son histoire se niche principalement dans des lieux sans nom, le long d’une rivière affluente de l’Amour, l’Amgoun, dans la Taiga.

C’est d’ailleurs un géodésiste qui nous introduit dans cette contrée et nous instruit de sa petite histoire avant de nous rapporter celle, bien plus forte, d’un homme qu’il vit débarquer un jour par hélicoptère, un homme intrigant qu’il se décida à suivre jusque dans la forêt avant de se faire surprendre par celui-ci durant son sommeil. Cet homme, après avoir compris que le jeune géodésiste ne lui voulait aucun mal, lui conta les évènements auxquels il prit part en 1952, en tant que militaire, au moment où l’URSS préparait ses hommes à une mobilisation en Corée lorsque les Etats-Unis faisaient craindre un nouvel usage de la bombe atomique.

C’est dans ce contexte que le dénommé Gartsev commence donc son récit. Nous apprenons alors beaucoup sur l’état d’esprit des militaires de l’époque, sur l’autoritarisme guidé par une notion permanente de récompenses, de médailles et de promotions, sur le sentiment de supériorité de certains et sur celui de peur pour d’autres. Tout cela évolue soudainement lorsqu’une troupe, dont fait partie Gartsev, se met en chasse d’un évadé, échappé d’un camp de prisonniers. La traque se déroule dans cette même région de la Russie où des hommes bien armés vont en découdre avec un fugitif qui n’aura de cesse de les surprendre. 

L’archipel d’une autre vie fait irrémédiablement penser à l’atmosphère de Délivrance, le roman de James Dickey adapté au cinéma par John Boorman. La nature, omniprésente, servant de révélateur à chacun des protagonistes.  

A cet instant de ma jeunesse, le verbe « vivre » a changé de sens. Il exprimait désormais le destin de ceux qui avaient réussi à atteindre la mer des Chantars. Pour toutes les autres manières d’apparaître ici-bas, « exister » allait me suffire.


Walden ou la vie dans les bois d’Henry David Thoreau est tout autant une référence majeure à laquelle on peut spontanément penser et souligne à quel point Andreï Makine a réussi son roman qui repose sur un suspense épatant et une philosophie émouvante.               

Les réseaux sociaux, en bref et en toute sécurité

Les réseaux sociaux, comment ça marche ? Et toutes les questions que tu te poses pour rester connecté, par Emmanuel Trédez et Halfbob, aux éditions Fleurus, collection Petites et grandes questions, 8,90€

Les réseaux sociaux sont maintenant bien ancrés dans notre vie quotidienne, et ils attirent souvent de plus en plus de jeunes. On retrouve ainsi des enfants d'à peine treize ans devant des écrans, et sur des réseaux qu'ils connaissent.... très mal ! 
Pour les aider à comprendre les enjeux dont il est question et les dangers auxquels ils pourraient être confrontés, ce petit guide, très simple et largement illustré, saura leur expliquer ce qu'est un réseau social (bien avant de s'appeler Facebook), comment les utiliser, comment les paramétrer et leur rappeler quelques règles essentielles : non, tout ne doit pas être mis en ligne, nous n'avons pas le droit de publier tout et n'importe quoi, non tout le monde n'est pas un "ami"....
Sans se contenter de mentionner Facebook, ce livre aborde d'autres réseaux sociaux assez prisés, notamment YouTube, Instagram, Pinterest et, bien sûr, Snapchat (et oui, tous sont, par définition, des réseaux sociaux !). 

À lire seul ou en famille, ce documentaire apporte des clés aujourd'hui plus que nécessaires aux bonnes pratiques sur la toile.
Les réseaux sociaux, c'est bien, mais en toute sécurité et en connaissance de cause, c'est mieux !

samedi 26 novembre 2016

Le Grand Débat c'est en ce moment!

Pour ceux qui auraient manqué les rencontres d'hier soir avec Raphaël Glucksmann, Jean-François Kahn et Jérôme Sainte-Marie au théâtre de l'Olympia, qu'ils se rassurent, Le Grand Débat continue cet après midi à partir de 16h00!
Espionnage, espoir, tolérance, terrorisme et paix seront les thèmes abordés par Dalila Kerchouche, Roger-Pol Droit, François Heisbourg et Marek Halter.
N'hésitez pas à venir nombreux, l'entrée est libre et chaque débat est suivi d'un moment de dédicaces où vous pourrez échanger plus particulièrement avec les intervenants!




La succession de Jean-Paul DUBOIS

La succession de Jean-Paul DUBOIS aux éditions de l’Olivier, 19 euros.

L’oeuvre de Jean-Paul Dubois, à ce jour, ne s’est jamais révélée particulièrement optimiste, quel que soit le sujet traité. Cela ne veut pas dire que sa prose soit ennuyeuse, ni triste, enfin, pas tout le temps. 
Cette fois, La sucession aborde quelques questions que la plupart des vivants -que nous sommes- esquive volontiers. Comment finir ses jours, par exemple, est une préoccupation que Paul Katrakilis traitera dans les toutes dernières pages du livre bien que nous sentions venir ce problème de loin dès lors que l’annonce de la mort du père déboule depuis Toulouse vers Miami où Paul officie en tant que joueur de Cesta Punta professionnel. 

A ce moment-là, Paul a moins de trente ans, sa vie ressemble au voeu le plus cher qu’il avait formulé à la fin de son enfance lorsqu’il découvrit la pelote basque du côté d’Hendaye et de Saint-Jean de Luz. Il a adopté un mode de vie un brin marginal en pratiquant un sport que peu de gens connaissent voire comprennent. Dans une ville où quelques clichés suffisent à comprendre que l’on y vit plutôt bien et, à un âge où la part d’insouciance est encore considérable, l’annonce de cette mort du père va définitivement gripper cette vie mécanique (auto/bateau) et entamer la descente du piédestal où sa quête hédoniste l’avait mené. 

Mais Paul ne se présente pas pour autant comme un imbécile ni comme quelqu’un d'antipathique. Des signes bien précis d’homme de goût nous font apprécier cette vie de célibataire et rappellent au passage l’emprise journalistique, sur le roman, du style de Jean-Paul Dubois qui travailla longtemps pour le Nouvel Observateur. 

De retour à Toulouse où il vécut enfant, Paul Katrakilis découvre des pans inconnus de la vie de son père avant que celui-ci ne choisisse de se donner la mort du haut d’un immeuble de huit étages. Adrian Katrakilis était sans doute bien plus complexe que son fils mais nous allons nous sentir, malgré tout, suffisamment proches de ce dernier pour suivre sans ennui les quinze années qui vont suivre la mort de ce père si spécial. Ayant suivi des études de médecine, Paul peut reprendre, pour un temps, le cabinet paternel. 

La chronique familiale va donc se poursuivre et révéler les différentes destinées de la famille Katrakilis ainsi que celle des Galliani, le nom de jeune fille de la mère de Paul. S'ensuit une très belle immersion dans le Pays Basque lorsque Paul retourne sur les lieux où il fut recruté pour aller jouer en tant que professionnel en Floride. De ce fait, nous ferons plus ample connaissance avec Joey « Nervioso » Epifanio, son coéquipier de pelote basque et, plus tard, Paul nous contera l'histoire d’amour qu'il vécut avec Ingvild Lunde, une plantureuse norvégienne bien plus âgée que lui. D’autres personnages s’inscriront encore, à intervalles réguliers, dans la vie de Paul : Watson, le chien qu’il sauva de la noyade,  Spyridon, le grand père qui côtoya Staline, Zygbi, le chirurgien alcoolique, Lazlo Papp, le recruteur de pelote basque sosie de Joe Pesci, sans compter la Triumph Vitesse MK2 de 1969 et le dernier des quagga…


Le catalogue de Jean-Paul Dubois, nous le voyons, est bien plus vaste qu'il n'y parait. Il supplante heureusement le funeste destin qui se profile dans la vie de Paul comme si, raconter, pour la route, une dernière histoire, était, tout compte fait, toujours bon à prendre.

Art et faux-semblant

Le Cheval qui ne voulait plus être une œuvre d'Art, par Olivier Supiot, chez Delcourt, en coédition avec les Éditions du Louvre, 14,50€

Être une œuvre d'art, cela paraît formidable... Pourtant ce n'est pas l'avis de "la tête de cheval blanc" de Géricault. Lassé de rester sans bouger, d'être observé chaque jour par des centaines et des centaines de visiteurs, notre cheval blanc décide de s'échapper de son cadre. Le voilà parti dans les couloirs du Louvre, tentant de s'évader de ces murs. Sur le chemin, de multiples personnages de tableau tentent de le convaincre de revenir à sa place... sans succès ! Les quelques mots du Squelette de cheval (Eugène Delacroix) sauront-ils le convaincre de rester ?
"Tu es in-com-pa-ra-ble ! N'oublie jamais cela, tu es unique, tu es toi..."
A l'issue de cet album, en prime d'une visite culturelle parmi les grands noms de l'art, une belle leçon à retenir : chacun est unique, et rien ne sert de vouloir être ce que nous ne sommes pas, ou qui nous ne sommes pas... 

Dans une ambiance de "Nuit au musée", venez découvrir quelques unes des nombreuses galeries du Louvre, et suivez le galop effréné d'une œuvre d'art souhaitant devenir un véritable cheval.

samedi 19 novembre 2016

Repose toi sur moi de Serge JONCOUR

Repose-toi sur moi de Serge JONCOUR aux éditions Flammarion, 21 euros.

Serge Joncour vient de recevoir le prix Interallié pour Repose-toi sur moi. Cette incitation réconfortante survient précisément à la page 396 (le livre en fait 427). C’est une femme, Aurore, qui la prononce alors que l’on aurait aisément pensé que celui qui, entre temps, deviendra son amant, Ludovic, serait l’homme de la situation, celui sur lequel il eût été bon de se reposer au regard de sa corpulente masse physique qui nous est régulièrement décrite. Mais non, à ce moment-là du roman, Ludovic est, à juste titre, très éprouvé. 

Repose-toi sur moi est aussi, d’une certaine manière, un beau livre sur l’adultère qui s’affirme au fil d’un temps maltraité par une quête incessante d’argent. En effet, Ludovic, revenons-y, a pour métier de négocier avec les mauvais payeurs, on appelle ça un recouvreur de dettes. 
Aurore, de son côté, commence d’en avoir de sérieuses, des dettes. Mais pour l’heure, Ludovic, pour elle, est un voisin taciturne avec qui  elle entretient un rapport plutôt suspect à propos de deux corbeaux qui ont délogé un couple de tourterelles dans la cour de leur immeuble parisien.
  
Aurore, venons-y, s’est faite, quant à elle, une belle place dans  la mode où elle est parvenue a créer sa propre marque sauf que son associé, elle en est persuadée, la trahit chaque jour un peu plus. En prime, avec son américain de mari cela ne va pas fort : indifférence, froideur et égoïsme se sont introduit dans leur ménage et s’ajoutent donc à la malhonnêteté professionnelle qu’Aurore endure dans une pesante solitude.  

Ludovic, qui a perdu sa femme trois ans auparavant, est un parisien contrarié qui brave métro et banlieue en solitaire endurci, éloigné de son Sud-ouest natal où il fut agriculteur et rugbyman avant que la maladie ne lui enlève sa moitié.


De ces deux-là, Serge Joncour décline les sentiments d’une manière plutôt neuve et offre à ses lecteurs un couple fragile pris dans une spirale qui, si elle ne se classe pas dans la catégorie des thrillers, enclenche des tourments que l’auteur aborde avec un sens aigu du suspense. 
Que de bons polars romantiques soient en verve, voilà une bonne nouvelle pour le roman.

L'histoire en chantant

Drôles de Comptines pour les Exploranimaux, par Olivier Daumas, aux éditions Bilboquet, 14,50€

Faire de l'histoire en s'amusant, voire même en chantonnant ? Pari relevé ! 
Outre des dessins animaliers particulièrement amusants (qui aurait pensé voir un toucan aviateur ou un crocodile cosmonaute ?), cet album présente les grands explorateurs sous un nouvel angle. Après une brève présentation du ou des évènement(s) majeur(s) de leur vie, la découverte qui les a propulsés sur le devant de la scène, une comptine leur est associée. 
Ainsi, sur l'air de "La Souris Verte" se dévoilera Paul-Emile Victor, sur celui de "À la Claire Fontaine" nous rencontrerons Christophe Colomb, et c'est évidemment avec "Maman les p'tits bateaux" que Cousteau nous parlera des fonds marins. Que le lecteur (jeune ou moins jeune) révise ses classiques : une lecture en rythme et à voix haute s'impose !

L'histoire, les grandes découvertes... Ah c'est crocrocros, c'est crocrocros, c'est crocro-bien !

Le Grand Débat à Arcachon



Le programme en version papier est bien sûr disponible à la librairie!

Rencontre avec Sabine Menet à Gujan-Mestras

Date de l'événement : 
Vendredi 25 novembre 2016
Horaires : 
A 18h30 et 21h
Lieu : 
Médiathèque Michel Bézian et Cinéma Gérard Philipe

Avec Sabine Menet auteur du livre Née sous X.

  • 18h30 : Rencontre dédicaces de son livre à la Médiathèque Michel Bézian.
    Gratuit
  • 21h : Projection du film "La brindille" au cinéma Gérard Philipe dans le cadre du Rendez-vous du Cinéphile.
    Tarif : 4€


A l’issue de la projection, rencontre-discussion et vente-dédicace de son livre par Sabine Menet.
En collaboration avec la Librairie Générale.

Exposition Croc en Jambe à la Médiathèque de Gujan-Mestras

Date : Du 15 au 26 Novembre.
 Horaires :  heures d'ouverture de la Médiathèque.
 Lieu : Médiathèque.
 Entrée libre.


Il y a 10 ans, trois énergumènes se rencontrent à Gujan-Mestras et décident de se lancer dans l'édition de bandes dessinées.

A la fois ludique et pédagogique, cette exposition vous invite à découvrir la création et l'évolution d'une maison d'édition indépendante, spécialisée dans la bande dessinée, le carnet de voyage et le livre jeunesse.

Des planches inédites, des livres en pièces détachées pour découvrir les secrets de la  reliure artisanale made in Croc en jambe, des fresques michelangelesques... Le tout  accompagné par des textes explicatifs drôles et instructifs... Bienvenue dans  l'exposition : "Croc en Jambe : les 10 ans!!!"
 Renseignements Médiathèque Michel Bézian 05 57 52 54 60.

samedi 12 novembre 2016

Le bon fils de Denis MICHELIS

 Le bon fils de Denis MICHELIS aux éditions Notab/lia, 16 euros.

L’adolescence d’Albertin est difficile depuis que sa mère est partie refaire sa vie ailleurs avec autrui. Ne lui reste que son père avec qui, semble-t-il, un contrat est passé mais qu’Albertin ne respecte pas en ramenant de mauvaises notes du lyçée. En n'étant pas le bon fils que son père attend de lui. 
Pourtant, tout avait été pensé pour que la vie recommence à partir de bonnes bases. Le père et son fils avaient déménagé et Albertin avait commencé une nouvelle année scolaire dans un nouveau lycée où, malheureusement, il n’allait pas s’intégrer. Si l’affaire est sérieuse, Denis Michelis, lui, a choisi un ton désinvolte propre à l’adolescence. Lorsque le tragique pointe son nez, il n’est pas tout à fait là où on pourrait l’attendre. Albertin songe à fuir ce père inadapté qui rédige son devoir de père comme on suivrait la notice d’un outil de bricolage. Son pragmatisme incohérent face à la complexité de l’âme adolescente est retourné comme une crêpe par Albertin qui ne veut pas être le bon fils attendu. 

Conçu en trois actes (Installation, Perturbation, Confession), Le bon fils instaure un troisième personnage beaucoup plus ambigu que ceux qui reproduisent cet affrontement plutôt banal entre un père et un fils. Il s’agit de Hans ou Hansi,  un homme modèle surgi de nulle part mais immédiatement accepté, introduit, adapté comme une formule magique qui va résoudre le problème et opérer en un temps record une substitution magistrale au rôle du père, remplissant au passage celui de la mère car tel était le vrai défi non réalisé par le père. 
Hans dont on pressent les moyens qu’il utilise, rétablit donc spectaculairement la situation compromise des études d’Albertin. Le père, ébahi et littéralement conquis par cet ami venu du ciel, donne à Hans les clés de cette éducation si complexe, convaincu qu’il saura parfaitement régler la question. 

Denis Michelis s’est lancé, dans ce livre, dans une grande opération de séduction en présentant, non sans humour, une porte de sortie idyllique aux pitoyables épreuves qu’Albertin ne semble jamais en mesure de surmonter. Ce conte de fée, fable à la morale comique donc douteuse, procure le plaisir souvent perdu d’une histoire où l’imagination prend réellement le dessus. 

L’histoire savoureuse du bon fils est un délicat pied de nez à ceux qui croient trouver dans la réalité ou le réalisme, une bonne compréhension du monde. Denis Michelis, dans la meilleure tradition conteuse qui soit, prouve facilement le contraire.

L'enfant qui apprit à écouter le vent

Le Dompteur de Vent, par Bernard Villiot et Thibault Prugne, aux éditions Gautier Languereau, 14,95€

Après la douceur du Souffleur de rêve, déjà présenté en début d'année sur notre blog, Bernard Villiot et Thibault Prugne réitèrent avec un nouvel album pour les six ans et plus. 

Une nuit, El Loco, le vieil homme jugé fou par l'ensemble de ses voisins du ranch, s'éteint. Sa grange, lieu si mystérieux que Sam a pour consigne de fuir, est ainsi totalement libre. L'occasion pour le jeune garçon de s'y aventurer... et d'y rencontrer Sara, "une jeune femme coiffée d'un chapeau semblable à ceux que portaient les employés du ranch, et vêtue comme une homme". Dans cette antre, réputée diabolique, se cachent en fait des dizaines et des dizaines de cerfs-volants, tous confectionnés par El Loco. Entre les pages d'un cahier, notre héros curieux tombe sur une carte postale représentant une parade de cerfs-volants dans le Colorado mais il est interrompu par trois cavaliers venus incendier la grange qu'ils croyaient hantée. Dès lors, il n'aura plus qu'une idée en tête : rendre hommage au vieil homme en participant à ce rassemblement avec l'unique cerf-volant qu'il aura pu sauver des flammes. 
Seulement voilà, pour faire bonne figure le jour J, l'enfant va devoir maîtriser le vent.. Un vent qui s'avère tantôt capricieux, tantôt malicieux, et surtout particulièrement joueur. Il pourra alors compter sur un vieil indien pour l'aider à le maîtriser.

Envolez-vous avec le cerf-volant de Sam pour une belle histoire emplie de sagesse et de poésie!

Une vitrine haute en cadeaux !



Pluie de cadeaux à la librairie ! Et nous ne saurions mieux dire en ce samedi...plutôt pluvieux ! 
La nouvelle vitrine vous propose trois offres pour vous régaler, bien au sec chez-vous ! 

Offre n°1 : pour l'achat de deux romans de la collection "Biblio roman" aux éditions Le Livre de Poche, repartez avec un set de papeterie pour bien préparer vos paquets cadeaux. Vous y trouverez à la fois des étiquettes pour écrire les noms des personnes à qui sont destinés les cadeaux, ainsi que des cartes pour glisser un petit mot aux destinataires, chaque carte reprenant un des titres les plus emblématiques de la collection. 

Offre n°2 : pour les fans de science-fiction, une lithographie collector de l'univers du Trône de Fer de l'illustrateur Marc Simonetti est offerte pour l'achat de deux livres de science-fiction chez J'ai Lu. Embarquez vite pour des univers parallèles ! 

Offre n°3 : les lecteurs de grands classiques recevront, pour tout achat dans la collection "Pochothèque" (édition Le Livre de Poche), un carnet de notes parsemé de citations extraites des livres de Sándor Márai, citations qui vous transporteront dans les villes chères aux yeux de l'auteur : Kassa, Budapest, New-York, Naples, Weimar...

Trois offres pour tous les lecteurs... à consommer sans modération !

samedi 5 novembre 2016

Les enfants pillards de Jean CAYROL

Les enfants pillards de Jean CAYROL aux éditions de l’Eveilleur, 19 euros.

On ne peut citer Jean Cayrol aujourd’hui sans parler de Nuit et brouillard (1956), le film d'Alain Resnais qui faisait suite au recueil Poèmes de la nuit et du brouillard (éditions Seghers 1946). L’oeuvre de Jean Cayrol est inscrite en lettres majuscules dans l’histoire littéraire française, hélas, au chapitre tragique de la déportation. 

Jean Cayrol fut aussi un acteur essentiel de l’histoire éditoriale française où il participa à l’aventure des éditions du Seuil en découvrant notamment Philippe Sollers et Pierre Guyotat. Poète, romancier (prix Renaudot en 1947 avec Je vivrai l'amour des autres), Jean Cayrol est un écrivain que les éditions de l'Eveilleur nous encouragent à ne pas oublier en rééditant Les enfants pillards paru en 1978.

Jean Cayrol, donc, dont le nom n'évoque pas nécessairement l’enfance, la sienne ou celle de sa génération, se souvient de la première guerre, sans pour autant l'avoir vue. Les enfants pillards commence à Bordeaux à la fin de l’été 1918, puis s’en éloigne pour rejoindre le village de Lacanau que l’on gagnait alors par le train. Jean Cayrol, âgé de huit ans et rebaptisé, pour le livre, Jean-Baptiste, occupe les lieux avec son cousin André plus âgé. Ils forment, avec d’autres camarades, une colonie d'enfants qui rappelle immanquablement celle de Sa majesté des mouches, la cruauté en moins. 

Plus qu'une occupation des lieux, il s'agirait d'une défense - nous sommes en guerre - organisée depuis une maison dominant la plage que madame Princetard, mère du cousin André, quitte aussitôt pour retourner à ses obligations bordelaises. Seule Angèle, une domestique, se chargeant des taches ménagères et des repas, demeure un repère régulier issu du monde des adultes. Les journées sont invariablement dictées par la loi de ce curieux cousin, despotique à ses heures mais aussi protecteur, patriote, frondeur, admirable par son courage et terrifiant par ses colères. 

Que se passait-il alors à Lacanau en ces temps de guerre ? C’est tout l'objet du livre que porte une écriture au fort pouvoir d’enchantement. L’océan fixe les limites, ordonne le temps, amène la nouveauté, l’incertitude. Des bateaux coulent ou envoient des signaux, libèrent des tonneaux qui s’échouent sur la plage. Des hommes surgissent irresponsables, fous, hagards, toujours étranges et tenus à distance par cette bande d'enfants qui apprend, au jour le jour, sous les ordres d’André, à pêcher, monter la garde, dissimuler, éprouver une liberté trop immense, infinie comme les plages qu’ils parcourent sans cesse à la recherche d’un signe de vie qui les rendrait moins seuls.

 Les enfants pillards montre ainsi l’étendue du désarroi que les populations, fixées à l’arrière, endurèrent loin des combats. Ce temps si particulier est ici constitué d’éclats consumés par l’enfance inquiète de très jeunes garçons et de très jeunes filles. Jean Baptiste n’est pas plus sûr de lui-même que les autres, cependant, son seul phare, dans la nuit de ses huit ans, se prénomme André.