samedi 29 mars 2014

Le saviez-vous? Réponse de la question de la semaine dernière

Quel pays est mis à l'honneur cette année 
au Salon du Livre de Paris?


Lors de sa 34ème édition le Salon du Livre de Paris a mis à l'honneur l'Argentine
 et notamment Julio Cortazar dont on fête cette année le centenaire de sa naissance.
Si vous avez envie de découvrir un peu plus cette littérature argentine, nous vous recommandons les 5 titres que le journal L'Express a chroniqué sur le lien suivant 
http://www.lexpress.fr/culture/livre/litterature-argentine-les-5-classiques-a-re-lire_1498699.html
Et en littérature jeunesse, Séverine conseille vivement aux jeunes lecteurs de 9-10 ans
Une soupe de diamants de Norma Huidobro
paru aux éditions de l'Ecole des Loisirs!

Rencontre avec Arnaud Cathrine Mercredi 10 avril

Les garçons perdus d’Arnaud CATHRINE aux éditions Le bec en l’air, 14.90 euros

La singularité des écrits (récents) d’Arnaud Cathrine repose sur un traitement de l’amitié, de sa durée et de ses modifications notamment dans cette période complexe et souvent heurtée de l’adolescence.
Il est possible qu’avec Les garçons perdus, Arnaud Cathrine ait atteint un aboutissement en soulevant le sentiment d’injustice qui termine et juge les liens unissant deux amis.
Ce constat avait déjà été établi avec le roman Je ne retrouve personne paru à l’automne 2013 qui reprenait l’histoire d’une amitié et en révélait déjà de sombres aspects.

Cette cruelle inégalité qui sépare deux êtres qu’une même destinée semblait unir se représente avec Les garçons perdus. Un narrateur qui a de nombreuses similitudes avec l’auteur (comme on le constatait aussi dans Je ne retrouve personne) reprend le fil d'événements qui l'ont amené à côtoyer celui qu’il a longtemps considéré comme une idole.
L’idole se définit par l’aura qu’elle dégage auprès de ceux qui, tels des satellites, opèrent une rotation autour de lui. Ce phénomène est d’autant plus perceptible au sein d’un établissement scolaire quand les personnalités s’affrontent ou plutôt s’initient à l’affrontement.
Ainsi se déclarent les différences, on se choisit un camp et l’on commence à aimer.

Arnaud Cathrine garde comme un lien secret avec ce temps de l’adolescence où les sentiments sont à vif parce qu’on ne sait encore quelles en sont les limites.
L’idole effectue envers le narrateur une démarche inattendue. Elle établit avec lui un rapport qui à défaut d’être exclusif devient très vite privilégié.
Ensemble, ils abordent une relation quasi sacrée qui leur ménage un temps dit expérimental et qui les pousse aux frontières de l’amour.
Mais Les garçons perdus est aussi un roman de la retenue et du silence avant de sombrer dans le déclin, la perte et la désacralisation.

Les éditions Le bec en l’air offrent un résultat magnifique à ce court texte en insérant le travail photographique d’Eric Caravaca qui enrichit l'atmosphère de perte du roman.
Nul personnage sur les clichés, ils ont quitté les lieux et n’ont laissé qu’un décor qui regorge de détails à la fois intimes et impersonnels. Les photos naviguent au cœur d’un ensemble de bâtiments qui pourraient être un ancien asile, un hôpital, un lycée, une caserne…

Ces lieux qui ont réuni des êtres désormais disparus font un écho véritable au propos d’Arnaud Cathrine.

Nous aurons le plaisir d'accueillir Arnaud Cathrine lors de notre prochaine Résidence d'Hiver que nous organisons en partenariat avec l'Hôtel Ville d'Hiver ( http://www.hotelvilledhiver.com/ ) et les éditions Bijoux de famille ( http://www.editionsbijouxdefamille.fr/ ) du 7 au 10 avril!
Après avoir rencontré des lycéens et des collégiens les 7 et 8 avril, Arnaud Cathrine sera tout à vous Mercredi 10 avril avec une dédicace à la librairie en début d'après-midi suivie d'une discussion à l'hôtel Ville d'Hiver (détail des horaires prochainement).

Le brigand bien-aime d'Eudora Welty

Le brigand bien-aimé d’Eudora WELTY aux éditions Cambourakis.

 Les éditons Cambourakis qui se sont créées en 2006 affectionnent les bandes dessinées mais elles reprennent également bon nombre de textes littéraires européens, de l’Est en particulier qui détient des trésors tchèques et hongrois (Kosztolanyi, Capek, Krudy…) mais elles trouvent aussi des perles sur le continent américain (Carpenter, Ducornet, Dodge, Dixon…) dont un classique d’Eudora Welty.

Ce surprenant récit proche du conte fantastique emprunte son originalité à plusieurs contes pour enfants, le magicien d’Oz par exemple pour la déambulation d’une jeune fille au cœur de la végétation américaine, Blanche-neige pour le mauvais dessein de celle qui se prenait pour une reine ou encore les contes des mille et une nuits en rapport avec un esprit enfermé dans un coffre.
Eudora Welty est également imprégnée des légendes de l’Ouest qu’elle recompose dans un style unique et hilarant. Reconnue par ses pairs au début des années quarante, elle s’inscrit dans la lignée sudiste des Flannery O’Connor, Carson Mc Cullers et même William Faulkner qui lui adressa une lettre de reconnaissance.

 Le brigand bien-aimé adopte un ton dérisoire et démesuré qui dérange l’ordre moral et démonte par l’absurde les codes machistes du héros américain. L’histoire débute - comme il se doit - par une affaire entre hommes dans une auberge qui mêle trésor et brigandage. Le protagoniste, le plus reconnaissable après ce préambule, est un certain Clément qui retourne en sa demeure où l’attendent sa fille chérie et sa deuxième femme dont il ne voit ni la jalousie, ni l’avidité.
En effet, la marâtre envoie chaque jour plus loin la jeune fille dans la forêt au prétexte de lui ramener des herbes jusqu’à son enlèvement par un bandit qui tombera amoureux d’elle. Ces deux-là vivront une idylle curieuse puisque le visage du bandit ne se dévoile jamais. Il est le brigand bien-aimé qui barbouille sa figure avec des mûres pour commettre ses méfaits. Il se cache avec celle qu’il veut dès lors épouser dans une forêt qui tient lieu d’émerveillements parmi les plantes et les fleurs et où s’épanouit notre douce héroïne entourée de brigands.

Le père qui a mis en branle toutes les recherches possibles s’en remet à celui qu’il a rencontré à l’auberge et lui a évité de se faire dérober son or. Les identités s’échangent gaillardement et maintiennent l’intrigue. Eudora Welty raffole des tours de passe-passe qui révèle sa très grande facilité narrative. Elle se plaît à retarder le dénouement de l'aventure et dessine une Amérique empreinte d’innocence et d’imagination, de jeunesse naïve et d’idéal, surprenante et infiniment drôle.

samedi 22 mars 2014

Le saviez-vous? Réponse de la question de la semaine dernière

Quel mystère nous révèle Max Ducos dans son dernier album?

Réponse: Le Mystère de la grande dune







Pour ceux qui auraient manqué notre article d' il y a quelques jours, le revoici:


Arrivé de nuit dans une forêt inconnue, un garçon est réveillé par les aboiements insistants d'un chien. Intrigué, il le suit. C'est le début de découvertes en cascade... Et d'une grande aventure qui va changer le cours de sa vie!

Après la faculté d'Arts Plastiques à Bordeaux, Max Ducos intègre l'école des Arts Déco de Paris. Son projet de fin d'étude, Jeu de Piste à Volubilis,  obtient en 2008 le Prix des Incorruptibles et le Prix Versèle (Prix de littérature jeunesse en Belgique). Le Mystère de la grande dune est  son 5ème album.

Des illustrations au trait vif et aux couleurs éblouissantes, des personnages attachants et des histoires qui nous entrainent toujours plus loin dans le monde merveilleux de l'enfance: chaque nouvel album du jeune auteur bordelais est un régal pour petits et grands.


Et quelque chose nous dit que vous devriez avoir prochainement l'occasion de rencontrer Max Ducos à Arcachon.... mais chut! nous préférons préserver encore un peu le mystère....

Tehila de S.J. AGNON

Tehila de S.J. AGNON aux éditions Gallimard, 12,50 euros.

Le conte de Tehila tel qu’il est retranscrit par Joseph Samuel Agnon (prix Nobel 1966) se déroule à Jérusalem où résidait l’écrivain tout comme Tehila, une femme plus que centenaire dont on découvre l’incroyable et triste histoire à la toute fin du livre.
Mais de ce conte ressort une approche subtile d’évènements imbriqués dans la tradition religieuse juive. Effectivement, il y est relaté, entre autre, une série de mitzvah, acte de bonté humaine.
Deux femmes, principalement, côtoient l’écrivain dans les rues et les maisons de Jérusalem aux alentours du mur occidental : la veuve du rabbin et Tehila. Le récit se situe avant la partition de la Palestine et la création d’Israël, il y règne une intemporalité qui pourrait bien exister aujourd’hui encore au sein de certaines familles juives très ancrées dans la religion. Les deux femmes n’ont de cesse de s’en référer à Dieu et à sa bénédiction, ce qui provoque, dans la répétition, un réel effet comique.
Mais l’histoire de Tehila, canoniquement âgée de 114 ans, est une tragédie qui a débuté après que son mariage a été annulé à la suite de ce qui fut vécu comme une trahison religieuse. Cette décision se répercutera comme une malédiction avant que Tehila ne soit identifiée par l’écrivain comme une sainte espérant son scribe.

samedi 15 mars 2014

Le saviez-vous ? Réponse de la question de la semaine dernière


Quel est le poète qui vient d'entrer en février dans le cercle très fermé des auteurs publiés dans la collection de La Pléiade?

Il s'agit de Philippe Jaccottet, (né le 30 juin 1925)  à Moudon (Canton de Lausanne en Suisse), un bourg médiéval au carrefour des routes romaines, traversé par la rivière de la Broye, mi-agricole mi-industriel.

Poète et traducteur, Philippe Jaccottet voit ses œuvres en prose et en vers publiées dans la bibliothèque de la pléiade, de son vivant !


MARS

Enfin, ce chant matinal des oiseaux fait penser, peut-être un peu moins précisément, à des lumières qui s'allument, d'abord éparses, puis de plus en plus nombreuses, aux premières étincelles d'un feu qui va bientôt prendre.
Encore que là, à cause de la couleur rouge, on s'éloigne ; car tout ce qui se passe alors, avant le jour, est sans couleur, ne peut-être que noir, ou blanc, ou gris. Lueurs des outils, des lames, brillant de l'eau, passages des brumes, ou quelquefois elle enveloppe tout le paysage, elle flotte autour de la maison et ne sera dissipée qu'avec la force du soleil. (page 650-651)



Le désordre AZERTY d’Eric CHEVILLARD aux éditions de Minuit, 17 euros.

 Pour qui veut étudier l’œuvre d’Eric Chevillard d’ici quelques années lointaines, après sa mort par exemple (mais gare !  l’homme est toujours en pleine forme et de nombreux livres sont encore à venir), gageons que celui-ci fera date pour la quantité, que dis-je, pour la mine d’informations que l'on peut extraire à propos de l’auteur, de sa vie, de son œuvre. 
Effectivement, dans le désordre de cet étrange arrangement figurant l’alphabet sur les claviers des ordinateurs, nous apprenons beaucoup d’Eric Chevillard. Nous retiendrons, avant tout, une rage formidable et grandissante envers quelque chose que l’on pourrait nommé modernité mais celle-ci paraissant elle-même aujourd’hui démodée, le terme de mondialisation semblerait plus proche, et  celui de bêtise plus adapté car Eric Chevillard qui ne côtoie pourtant guère la sphère politique produit néanmoins et peut-être même sans le savoir tel, ni même s’en émouvoir, une force politique qu'il représenterait et derrière laquelle s’engageraient, à corps perdu, des troupes fanatiques plus ou moins silencieuses. Pour le dire simplement, si quelques uns ne savent pas pourquoi ils n’aiment pas Chevillard l’inverse est impossible.
Eric Chevillard depuis toujours dénote considérablement dans le paysage littéraire français. Les critiques l’admettent. Pourtant, ses fulgurances verbales émanent d’une tradition française que l’on peut encore aujourd'hui nomme  le style.
Et vous voici expédiés  à la page 88 de ce Désordre AZERTY on l'on trouve une définition du termes, après quoi vous serez libre de penser ce que bon vous semble.

Le STYLE est un phénomène remarquable d’abord en cela que la spontanéité et la sophistication n’y sont point inconciliables, contrairement à ce que l’on observe dans les salons, et que celle-ci précède celle-là en dépit du bon sens, pourrait-on dire. En effet le style n’est pas une faculté innée, on en perçoit rarement les inflexions futures dans le cri primal de l’écrivain nouveau-né. C’est une voix qui, plus ou moins longtemps, se cherche. Le style se dégage peu à peu de la gangue de la langue commune. L’écrivain dit s’en doter comme de son épée le chevalier des contes, mais – à moins de demeurer dans l’imitation d’un maître-, il y va sûrement, d’instinct, il finit par le trouver : et c’est bien le sien, à nul autre (exactement) semblable. C’est une originalité séparée de l’origine par des années d’apprentissage, de décantation, de fermentation ou de raffinage, de tâtonnements, mais qui est pourtant au commencement de tout, dont la maîtrise enfin marque le départ de l’œuvre. Le style est la langue natale de l’écrivain : le pays suit, l’espace intellectuel et sensible qu’il ordonne. Si singulier et élaboré soit-il en regard de la langue utilitaire dont il s’est démarqué, le style doit alors être tenu pour naturel. Il l’est devenu, comme le geste si complexe (si peu enfantin) de faire un nœud devient finalement une évidence. Il ne relève pas d’un quelconque exercice, patient et forcené, comme on le croit volontiers, il ne se donne pas en spectacle, il ne soucie pas de virtuosité ; il est tel ; l’effort serait de le juguler, de le contenir.

samedi 8 mars 2014

Le saviez-vous? Réponse de la question de la semaine dernière

Qui sommes-nous? Retrouvez parmi ces propositions les prénoms de vos 4 libraires préférés:
Isabelle, Agnès, Arnaud, François, Béatrice, Séverine, Sandrine, Alexandre, Valérie, Sylvie, Estelle, Anne, Didier, Nathalie, Caroline

Avant de lever le mystère, 
laissez-nous vous dire que nous avons particulièrement apprécié cette phase du jeu! 
Certains sont venus tendre l'oreille à la librairie, d'autres nous ont posé des questions-piège, d'autres encore ne sachant que répondre se sont lancés dans de très belles descriptions..... 
Un grand merci à vous tous pour ces moments savoureux!

Sans plus attendre, voici donc vos 4 libraires 
(qui n'ont, nous tenons à le souligner (!), aucun lien de parenté entre eux):


Anne
La chef qui a repris la librairie en 2008. Celle que vous ne voyez jamais (ou presque) et qui pourtant est toujours là! Pourquoi? Tout simplement parce qu'une librairie c'est aussi: la gestion financière et administrative, la coordination d'une équipe, le travail avec les collectivités (mairies, bibliothèques, médiathèque, lycées, collèges), la représentation auprès des institutions, la préparation de salons littéraires et de certaines commandes particulièrement importantes, etc. Et si vous ne la voyez toujours pas, n'oubliez pas de chercher dans la vitrine!
Elle est également devenue depuis peu trésorière de l'association des Librairies Atlantiques en Aquitaine, toujours dans l'idée de s'impliquer davantage dans le devenir des librairies indépendantes.

François
Spécialisé dans les commémorations de librairies, il était de la fête pour les 100 ans d'une grande librairie bordelaise, il se fait une joie d'en être pour les 90 de La Librairie Générale. Le poids des ans et des livres se remarque instantanément lors de cette prise de vue, il semble encore vif mais ne peut empêcher de montrer combien il en a vu ce qui pourrait être interprété comme un effet de vantardise qu'il ne renie pas. Mais ce serait sans compter sur son insatiable appétit de livres. Effectivement quelques secondes après ce cliché, telle l'eau qui dort, il va se ruer sur la pile de livres que l'on aperçoit en bas à droite de la photo. Nous avons choisi de vous épargner ce massacre...


Sylvie
Comme certains le savent déjà, elle est la plus ancienne de la librairie 
(15 ans déjà mais c'est toujours moins que la tapisserie!).
Elle est principalement responsable de la papeterie, de la carterie, des rayons cuisine-vin, jardinage et loisirs, mais elle navigue aussi dans tous les secteurs suivant les besoins. Et si jamais vous êtes à la recherche d'un bon polar que vous ne lâcherez pas de la nuit, elle est votre libraire!
Quant à la maintenance des caisses et des fournitures dont la librairie a besoin pour son bon fonctionnement, elle est toujours là pour veiller au grain.



Marine
Marine, c'est la jeune libraire, fraîchement arrivée dans le monde du travail, mais que certains ont déjà pu croiser lors des précédents étés à La Librairie Générale. Elle oscille entre les différents rayons, vient prêter main forte à droite à gauche, et veille au bon fonctionnement de l'informatique.
La preuve : vous pouvez d'ores et déjà la retrouver sur le blog et les réseaux sociaux (oui, vous savez, toutes ces petites photos.... !)
Ps : on ne vous re-présente pas Sylvie, vous la connaissez déjà tous !







Après la guerre d'Hervé Le Corre aux éditions Rivages.

Après la guerre d'Hérvé Le Corre, éditions Rivages, 19.90 euros

Les éditions Rivages publient le 12 mars le nouveau roman d'Hervé Le Corre. C'est un évènement pour La Librairie Générale qui suit fidèlement chacun de ses livres et qui écoute chacune de ses interventions (avec Olivier Pene) à la médiathèque de Gujan-Mestras.
Or cette fois-ci, il s'agit bien de ses propres écrits qu'il commentera et de son propre livre qu'il dédicacera

le samedi 15 mars à 15h00 à la librairie
suivi d'une rencontre à l'hôtel Ville d'Hiver* à 17h30  où il subira les assauts de son compère Olivier Pene.

Ce face à face vaudra le déplacement, ces deux experts en polars seront cette fois réunis pour le lancement d'Après la guerre, un roman ébouriffant signé Hervé Le Corre !

Après la guerre se présente sous la forme d'une chronique bordelaise située à la fin des années cinquante dans l'univers des malfrats, des tueurs à la petite semaine, des policiers véreux et des filles faciles. Un milieu interlope dans un Bordeaux crasseux et vibrant encore aux sons des sirènes des bateaux accostés aux quais enfermés par les grilles et les hangars. Un Bordeaux aux odeurs nauséabondes et aux rendez-vous nocturnes qui tournent toujours mal.
Hervé Le Corre y déploie une vaste connaissance des mœurs en matière de drogue, de prostitution et de crime crapuleux. De nombreux détails répondent à l'atmosphère particulière de l'époque et le vocabulaire qu'il emploie restitue à merveille tout ce que l'on pouvait voir, sentir et entendre, des paquets de cigarettes aux nouveaux films américains, des chansons populaires aux voitures du moment avec une distribution de personnages, hommes et femmes, qui peaufinent et réactivent cette période particulière dite après-guerre.
Au sortir de ces portraits plus vrais que nature, travaillés par des dialogues qui claquent dans la noirceur de ce Bordeaux reconstitué, le commissaire Albert Darlac concentre à lui-seul l'amertume d'une société française qui, certes, s'est remise au travail mais qui n'en demeure pas moins hantée par les fantômes de la deuxième guerre mondiale. Ainsi resurgit Jean Delbos, que tout le monde croyait mort après avoir été raflé en 1943 avec sa femme Olga. Jean Delbos, alias André Vaillant, apparaît aux yeux de Daniel sans pour autant être reconnu par celui-ci qui, tout en étant son propre fils, ne l'a pas revu depuis 15 ans. Mais Jean Delbos n'est pas vraiment revenu pour son fils, il est entièrement tourné vers sa vengeance qui le guide au plus près du commissaire Darlac.
Et son fils Daniel s'apprête à embarquer pour l'Algérie pour y effectuer son service militaire et participer à ce que l'armée française a entrepris là-bas.
En alternance, Darlac, Jean Delbos et Daniel voient s'effeuiller un à un leurs secrets. Hervé Le Corre a ce don pour fourrager ses personnages tantôt à la façon cruelle d'un interrogatoire, tantôt en instaurant un immense désarroi psychologique. L'une et l'autre méthode révèlent une vérité crue, sans échappatoire, d'où filtre l'intimité de chacun.
Jamais jusqu'ici Bordeaux n'avait ainsi sonné aux oreilles, jamais sa quintessence populaire n'avait été portée si haut et jamais enfin une écriture ne s'était révélée aussi bordelaise. Le voyage géographique et mental d'Après la guerre est donc absolu.

* Hôtel Ville d'Hiver, 20 avenue Victor Hugo, Arcachon, ENTREE LIBRE

Le Mystère de la grande dune, Max Ducos, Sarbacane,16.50€ (album jeunesse).

Le Mystère de la grande dune, Max Ducos, Sarbacane,16.50€ (album jeunesse).

Arrivé de nuit dans une forêt inconnue, un garçon est réveillé par les aboiements insistants d'un chien. Intrigué, il le suit. C'est le début de découvertes en cascade... Et d'une grande aventure qui va changer le cours de sa vie!

Après la faculté d'Arts Plastiques à Bordeaux, Max Ducos intègre l'école des Arts Déco de Paris. Son projet de fin d'étude, Jeu de Piste à Volubilis,  obtient en 2008 le Prix des Incorruptibles et le Prix Versèle (Prix de littérature jeunesse en Belgique). Le Mystère de la grande dune est  son 5ème album.

Des illustrations au trait vif et aux couleurs éblouissantes, des personnages attachants et des histoires qui nous entrainent toujours plus loin dans le monde merveilleux de l'enfance: chaque nouvel album du jeune auteur bordelais est un régal pour petits et grands.

samedi 1 mars 2014

Le saviez-vous? Réponse de la question de la semaine dernière


Qui sommes-nous? Retrouvez parmi ces propositions les prénoms de vos 4 libraires préférés:
Isabelle, Agnès, Arnaud, François, Béatrice, Séverine, Sandrine, Alexandre, Valérie, Sylvie, Estelle, Anne, Didier, Nathalie, Caroline

Et bien pour cette question nous avons décidé de faire durer le suspense et de repousser la réponse à la semaine prochaine!
Pourquoi une telle torture? nous demanderez-vous.... 
Tout simplement pour attirer votre attention sur ce que nous sommes avant tout pour vous, ou du moins sur ce que nous essayons d'être chaque jour à la librairie.
Pour cela nous prenons appui sur la campagne que vient de mettre en place une association de libraires de Rhône-Alpes qui nous semble essentielle en ces temps où il est bon de savoir ce qui définit une librairie indépendante.
Nous vous invitons donc très vivement à cliquer sur les liens suivants car ce qui y est dit est simple mais ça fait toujours du bien de le rappeler:

Ma révérence de Lupano et Rodguen

Ma révérence de LUPANO et RODGUEN aux éditions Delcourt, 17,95 euros.

C'est une France d’en-bas qui se présente au vu de la première case de cette BD, une France où l’on cherche à s’en sortir par le haut et avec la noblesse du cœur quoique les moyens ne suivent pas à franchement parler le respect des lois.
Mais commençons les présentations et d’abord le narrateur, un trentenaire déterminé aux idées bien arrêtées sur les moyens de s’en sortir. Il nous sert de guide dans cet environnement banlieusard qu’il a hâte de quitter car effectivement c’est en Afrique que son destin l’attend. Dans le désordre de son parcours, qu’il met au clair au fil des cases, il n’hésite pas à remonter très loin dans l’histoire notamment de sa famille à l’aide de flash-back, l’Afrique demeure le point d’arrivée avec l’amour en prime.
Mais pour l’heure c’est le chômage qu’il côtoie de près ainsi que les bars où l’on échafaude des projets. Le sien repose sur le gain d’une forte somme d’argent qu’il convoite avec son complice, Gaby Rocket, un cas d’école, qui aborde la cinquantaine, encombré de ses rêves rock’n roll, de sa paire de santiag' et de sa vénération pour Johnny avec l’eldorado US en point de mire. Ce complice déglingué qui joue encore au flipper comme à l’âge de ses quinze ans, antisocial permanent est Le héros magnifique de cette histoire, un anachronisme ultime, un survivant d’une époque à jamais disparue.
Le but de cette association est de braquer un fourgon de convoyeurs en misant sur la psychologie défaillante d’un de ses employés que le narrateur a rencontré un soir de déprime au comptoir d’un bar. Il connait sa vie et sa détresse, celle surtout de n’avoir jamais su parler à son fils.
Dès lors tout parait simple, il suffit de prendre en otage le fils en question et de le présenter au-devant du fourgon le jour et l’heure de son passage chronométré sur une route déserte.
Alambiquée peut-être mais muée par une conviction originale, l’équipée braqueuse des deux personnages doit aboutir a une répartition égale du butin avec les braqués. Robin des Bois nous voilà ! 
Rassurons-nous, les rebondissements ne vont pas manquer, ni le burlesque assaisonné d’un suspense que ces doux héritiers des Valseuses de Bertrand Blier, qui ont en commun un sens libertaire assez proche, dosent avec de surprenantes pulsions sentimentales.
Ces chevaliers errants et modernes, ces loosers magnifiques ne sont pas totalement broyés par la société car ils ont acquis une part salvatrice de rationalité.
Primée au Festival d'Angoulême, Ma révérence est un franc renouvellement narratif, merveilleusement dessinée et colorée.

Guide Rouge 2014 Michelin





Il est arrivé! 
Le si fameux et tant attendu Guide Rouge 2014
vient de faire son entrée en librairie!
Envie de tout savoir sur les hôtels et restaurants les plus côtés?! 
Ne cherchez plus, tout est dans cette bible où le désormais célèbre Bibendum se fait un plaisir de vous montrer la voie de la gourmandise...

Les rendez-vous de la médiathèque

Date : 08/03/2014
Heure : 11h
Lieu : Médiathèque Michel Bézian de Gujan-Mestras

10ème Rencontre Polars. L’auteur Hervé LE CORRE et le libraire Olivier PENE présentent les nouveautés « Romans Noirs ».

Entrée Gratuite.

Réservations conseillées, jauge limitée.
Renseignements Médiathèque Michel Bézian 05 57 52 54 60.


Et vous pouvez bien évidemment retrouver à la librairie la sélection faite par nos deux fins limiers du polar!